
MARTYRS : DU SANG, DES CRIS ET DES LARMES
Tout sur MARTYRS - La Critique - Photos - Le 2008-04-21 15:50:19

Début des années 70 en France. Une fillette, kidnappée, a été retrouvée. En convalescence à l'hôpital, elle se lie avec une autre gamine traumatisée. Une nuit, la première est terrorisée par une monstrueuse apparition. Quinze ans plus tard, on sonne à la porte d'une famille ordinaire. Le père ouvre, se retrouve nez à nez avec la même fillette devenue femme, armée d'un fusil. Elle lui tire dessus. Mais il ne faut pas se fier à ces quelques lignes de synopsis: l'ambition du film, c'est de vous perdre. Le cinéaste cinéphile Pascal Laugier s'est fait remarquer avec Saint Ange en 2004, un premier film français lui aussi influencé par des classiques du genre (Le cercle infernal, de Richard Loncraine). On y voyait Virginie Ledoyen qui arpentait les couloirs vides d'un orphelinat hanté par des souvenirs inavouables. Par la suite, il devait se concentrer sur un autre projet: The Tall Man, dont le scénario était déjà rédigé. Faute de pouvoir le concrétiser, le producteur Richard Grandpierre propose alors à Laugier d'écrire un petit film de genre dans le cadre du projet "French Frayeurs", initié par StudioCanal et rassemblant sous un même label (en interne, pas au générique) plusieurs films de genre. Ce sera Martyrs, un film d'horreur présenté comme «extrêmement violent».
En dépit de son ultraviolence, Grandpierre soutient le projet mais les temps sont rudes pour imposer un scénario de ce genre. Les studios américains s'y intéressent un temps avant de faire marche arrière, le jugeant trop nihiliste. Selon Laugier, qui a beaucoup revu Possession d'Andrej Zulawski avant le tournage, le projet était "trop gore pour les français et trop européen pour les américains". Grandpierre contacte alors Vincent Maraval, de Wild Bunch, qui en tombe amoureux. Après quelques mois de négociation à se mettre d'accord sur le budget définitif, le film est enfin enclenché. Au programme: une histoire très étrange qui change de direction toutes les dix minutes (donc impossible à résumer), riche en surprises, soutenue par les effets spéciaux de Benoît Lestang et surtout par les présences des très belles Mylène Jampanoï et Morjana Alaoui. Peut-être au prochain festival de Cannes?
Romain Le Vern
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