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VINYAN : EN DIRECT DE L'ENFER

VINYAN : EN DIRECT DE L'ENFER

Tout sur VINYAN - La Critique - Photos - Le 2008-04-22 06:48:24


Avec le très attendu Vinyan, Fabrice du Welz entraine Emmanuelle Béart en enfer et devrait confirmer après son premier Calvaire une volonté farouche d'oeuvrer dans un cinéma offensif et radical, sans compromis. Les premières photos soulignent le caractère unique de ce qui s'annonce comme l'un des grands chocs cinématographiques de cette année.


Le cinéphile a tendance à être naïf. On aurait pu penser qu'après nous avoir fait vivre l'horreur avec Calvaire, sublime descente aux enfers électrisée par les fantômes de Polanski, Delvaux et Hooper, avec des cochons cerbères énervés, de la merde plein les yeux, des chiens fantômes, des blagues pas drôles de Jackie Berroyer et des photos coquines de Brigitte Lahaie, le réalisateur belge Fabrice du Welz allait nous emmener au paradis pour danser avec les anges et oublier toute cette monstruosité humaine qui nous fend le coeur. En fait, non. Et il a bien raison. Avec Vinyan («âmes errantes» en Thaïlandais), son second long métrage, il va nous faire bouffer la terre avec une Emmanuelle Béart transfigurée comme naguère Camille Keaton sur l'affiche de I Spit on your grave. L'histoire ? Un couple de touristes (la miss et Rufus Sewell) à la recherche d'un enfant disparu lors du tsunami. Entraînés en Birmanie, dans une jungle hostile, leur voyage vire au cauchemar. Jusqu'à quel point un homme et une femme peuvent se perdre par amour? Nicolas Roeg avait déjà répondu à la question dans l'inestimable Ne vous retournez pas en prenant Venise comme capitale des limbes. Là où les morts et les vivants cohabitent dans le même silence meurtri. Fabrice du Welz devrait assurer avec la même métaphore sur un travail de deuil impossible. En confrontant deux mondes qui ne se connaissent pas (oriental et occidental), le cinéaste singulier et radical qui préférerait se couper un bras plutôt que de louper son plan ou s'arrêter à mi-chemin de ses féroces intentions risque de créer un choc tripal dont on ne devrait pas se remettre facilement.


Produit par The Film en association avec Film 4, ce film au budget de 4 millions d'euros est la deuxième collaboration entre Michael Gentile (The Film) et Fabrice Du Welz après Calvaire. Retrouvailles également du réalisateur et de son chef-opérateur attitré Beboît Debie, présent depuis le court-métrage Quand on est amoureux c'est merveilleux. Le tournage de cette production franco-britannique a débuté à Bangkok le 11 juin dernier pour se poursuivre à Krabi puis Phang Nga sur huit semaines. En attendant de découvrir les premières images, on peut s'amuser de ce parallèle entre les enfants muets dans les bois de Calvaire (le plan qui en apparence ne servait à rien si ce n'est à créer une inquiétante étrangeté) et ceux qui vont hanter la forêt thaïlandaise. Le lien n'est peut-être pas anodin. Car peu importe finalement où nous sommes: que l'on soit en Belgique ou ailleurs, c'est le même brouillard. La même misère affective qui touche tout le monde. Chez Du Welz, il y a du romantisme sous le trash, de la détresse sous la rouille, de la beauté derrière la laideur et surtout un amour de cinéma infini. Du cinéma comme il devrait toujours être: percutant, offensif, virtuose. La sortie de Vinyan est prévue le 20 août prochain. On y sera et on espère que vous y serez aussi.

Romain Le Vern

  

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