« Derrière sa capacité à tourner en dérision le monde et lui-même, il y a une angoisse et une profondeur qui font de lui un acteur unique, capable de tout jouer et d'apporter complexité et démesure », souligne
Pierre Jolivet, réalisateur des plus fidèles à
François Berléand.
Après avoir furtivement fréquenté l'équipe du Splendid, le comédien débute véritablement sa carrière en 1978 où il enchaîne les seconds rôles dans de grands films populaires. Sa persévérance et son talent finiront par payer, et sa rencontre avec Jolivet le conduira progressivement vers le haut de l'affiche.
« C'est un acteur tellement bon que quoi qu'on écrive, il y a forcément un rôle pour lui...», insiste ce même Jolivet.
Effectivement, aujourd'hui, les projets se bousculent (parfois trop), et Berléand fait partie de ces comédiens devenus incontournables.
A l'occasion du film
Cash (actuellement à l'affiche) et de
15 ans et demi (sortie le 30 avril prochain), revenons sur quelques rôles marquants dans la carrière de cet incroyable personnage.
L'HOMME IDEAL - TRES TRES CLASSE
François Berléand ne fait q'une brève apparition dans ce film. Mais quelle apparition !! Réalisé par
Xavier Gélin en 1997, ce film met en scène
Christophe Malavoy,
Pascal Légitimus et l'excellent
Daniel Russo. A eux trois, ils forment l'homme idéal. Car il faut être trois pour combler Marie. Quand ils découvrent le pot aux roses, Marie décide de les quitter. Pour ce faire, elle révèle à chacun l'existence d'« un » autre qui serait malade... Elle leur donne donc rendez-vous au même endroit, dans un petit restaurant de banlieue, pour leur présenter le soi-disant malade. Ils débarquent ainsi à tour de rôle et leur regard s'arrêtent tous sur le même personnage : celui interprété par notre ami Berléand, qui ne souffle mot dans cette scène ; il mange, simplement. Et c'est là qu'on voit tout le charisme de cet immense acteur. Il joue ici un personnage basique, un « monsieur tout-le-monde », tout en donnant l'impression aux autres personnages du film qu'IL est l'amant de Marie (et qui plus est malade)... Bref. Lorsque les trois gusses découvrent que le pauvre Berléand n'est pour rien dans cette malheureuse histoire, voilà qu'ils se mettent à se frapper entre eux, sous l'oeil impassible du même Berléand qui finit de manger tranquillement, comme si de rien n'était. Dans l'ensemble, quelques maladresses, mais au final un film à mourir de rire ! Méconnu à tort...
LE CONVOYEUR - TRES CLASSE
Probablement l'un des meilleurs polars d'action produits par la France de ces dernières années
Le convoyeur offre un rôle détonant à
François Berléand. Il y interprète un vieux convoyeur blasé et pas mal facho sur les bords. Le physique rassurant de l'acteur tranchant avec le caractère de son personnage franchissant allégrement la ligne rouge. Il faut le voir hurler « Charles Martel ! » tout en vidant son shotgun sur des petits braqueurs de banlieue. Une folie et une exubérance que le comédien réussit, grâce à son talent, à crédibiliser et à rendre encore plus effrayantes.