
LE VIEUX JARDIN : L'HISTOIRE D'UN SENTIMENT ENGAGE
Tout sur LE VIEUX JARDIN - La Critique - Le 2008-04-23 05:22:40Mêlant récit personnel et grande fresque politique et historique, cette adaptation du roman de Hwang Sok-young nous raconte en effet comment un homme va trouver l'exaltation amoureuse au coeur de son engagement et pourtant la quitter pour ses idées. Ceci pour finalement essayer de la retrouver tant d'années plus tard et se rendre compte que le temps est impitoyable et que celle qui l'a bouleversé n'existe plus que dans ses souvenirs.

Une histoire d'engagement et la découverte d'un sentiment
Hyun-woo a combattu le régime autoritaire en place en Corée du Sud et fut de ces jeunes militants socialistes qui tentèrent par tous les moyens d'en assouplir la gangue. Hélas, recherché comme ses camarades et tous traqués, il n'eut d'autre choix que de quitter les lieux de l'affrontement pour se cacher dans la campagne coréenne, au coeur des hautes montagnes. De fait, si la fuite fut une des seules solutions possibles pour continuer à lutter, il n'imaginait pas que cette échappée ferait à ce point basculer sa vie. En effet, alors qu'il s'enfonçait dans les hautes terres, son existence connut une inflexion qui allait changer sa destinée puisque c'est en plein périple que notre jeune révolté allait rencontrer Yoon-hee. Celle avec laquelle il vivra les plus beaux moments de ses jeunes années.
A l'écart de tous et notamment de ses idéaux politiques, une passion folle allait naître sur fond de nécessité quotidienne. Ainsi, rythmée, leur existence n'était faite que de tâches journalières, d'attachement et d'affection profonde. Jusqu'au jour où tenaillé par l'envie d'en découdre et la nécessité intime de reprendre la lutte, Hyun-woo ne pouvait que renoncer à cette passion folle pour l'autre grande cause de sa vie : l'engagement démocratique et politique.
Ainsi, le drame de l'enfermement qui allait bientôt s'écrire pour lui sur fond de lutte d'une jeunesse en mal de changement, n'augurerait que drame, désespoir et ambivalence des sentiments. Et c'est justement ce qu'explore avec profit, Le Vieux Jardin : ce mixte d'engagement irraisonné qui corrompt tout et ce besoin fou d'aimer et de lutter mis en parallèle et reconstruit par le truchement du souvenir, d'une promesse et d'un insolvable renoncement.

Et justement, c'est ce qui fait la force de ce film, son intérêt premier, en dehors des facilités que Le Vieux Jardin s'accorde pour justifier sa fin; Car c'est la manière que choisit Im Sang-Soo pour le faire qui en terme cinématographique, captive. En effet, ce dernier élabore son propos en entrelaçant petite et grande Histoire, tout en articulant son récit dans un va-et-vient profitable entre passé et présent. Ceci ouvre dès lors de formidables brèches qui happent littéralement le spectateur et l'amènent à adhérer autrement au métrage. Ainsi, dans un premier temps, son implication empathique face au drame sentimental et existentiel qui se noue est totale alors que la compréhension du temps trouble qui en résulte est facilitée. Mais plus encore, avec cette organisation, il se dégage un dialogue entre les époques qui révèle progressivement la densité du personnage principal, l'ampleur de ses dilemmes et interroge de fait les notions de liberté et de choix, au regard du seul temps qui compte, le présent.
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