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LES FLEURONS DU FILM D'ARNAQUE

LES FLEURONS DU FILM D'ARNAQUE

Tout sur CASH - galerie de photos - Le 2008-04-23 05:44:08


    Se faire avoir, ça peut faire plaisir !

Le Cash d'Eric Besnard le rappelle avec gourmandise : au cinéma, il n'y a rien de plus ludique et d'interactif qu'une bonne arnaque. Faire de la caméra un complice voyeur des plans machiavéliques de super-escrocs, transformer chaque personnage en entité trouble et perfide, distribuer les cartes pour mieux re-mélanger le tout, sans jamais perdre le spectateur... L'arnaque au cinéma est un exercice scénaristique de haut vol, qui ne pardonne pas la demi-mesure ou l'invraisemblance. Testé sur son intelligence, ou son instinct, le spectateur passif est soudain face à un challenge mental : saura-t-il deviner le vrai visage du manipulateur, trouver avant les autres la bonne solution ? Comme le rappelle le volubile Mike dans l'exceptionnel Engrenages de David Mamet : « on ne peut pas bluffer quelqu'un qui n'est pas attentif ».


Le plaisir éprouvé devant une arnaque bien montée est souvent gratifiant : se faire avoir en beauté, ça a du bon. Et les grandes réussites du genre se retrouvent toujours dans le panthéon personnel des heureux pigeons. Qui n'a pas ainsi loué le tour de force de Bryan Singer, Usual Suspects, même en ayant découvert le pot aux roses avant la dernière bobine ? L'escroc était ici moins à l'écran que derrière la caméra, semant mathématiquement les indices qui devaient mener à la révélation finale.

Car c'est le propre de tout bon film d'arnaque : aussi échevelé que soit le plan des arnaqueurs, au final, tout le monde doit abattre son jeu. C'est ce moment précis qui décide de la postérité du film. La machination dont est victime Joe Ross dans La prisonnière espagnole, coupe le souffle. A l'inverse, Sex Crimes de John McNaughton déclenche des crises de rire avec ses multiples fins où chaque protagoniste révèle qu'il joue double, voire triple jeu (mais le film est culte pour d'autres raisons...). Le pot aux roses que nous font découvrir les dernières minutes d'Anthony Zimmer se révèle lui aussi particulièrement décevant (en plus d'être incohérent, mais impossible d'en dire plus sans spoiler !).


Quelque que soit leur ingéniosité, ces scénarios ont plus d'un point commun : comme le scande si bien l'affiche de Cash, « il n'y a pas d'arnaque sans pigeon ». A ce niveau, c'est presque une lapalissade. A moins d'imaginer une escroquerie à l'assurance, ce qui n'est guère excitant visuellement, il faut une victime, et bien sûr, celle-ci n'est pas toujours celle qu'on croit. Elle peut être clairement désignée par des héros identifiables (Robert Shaw victime du duo Newman / Redford dans L'Arnaque), ou être prise par surprise, comme dans le mésestimé Les Associés de Ridley Scott.

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