

Suivant ce canevas, le Studio I.G., le romancier et scénariste Tow Ubukata et la dessinatrice Kiriko Yumeji se sont lancés dans l'aventure du Chevalier d'Eon, un héros inspiré librement de la vie du célèbre noble de la cour de Louis XV, d'Eon de Beaumont, et dont l'extravagance a frappé les esprits tandis que la nature de son genre a toujours provoqué légendes et controverses. En effet, d'abord lettré, escrimeur émérite et membre des services secrets royaux, l'homme a été forcé d'endosser des habits féminins pour terminer une mission de haute importance. Des habits et une identité qu'il n'a pas quitté jusqu'à son dernier souffle, alors qu'il cohabitait en Angleterre avec une autre femme, ce qui, s'il était défini comme un homme, n'aurait pas été convenant à l'époque.
Inspiré par cette identité trouble et cette dualité, Monsieur Ubukata a ainsi imaginé une version du personnage prompte à plonger le récit dans le fantastique alors que, très attaché à sa soeur disparue Lia, il est fréquemment hanté ou possédé par l'âme de celle-ci tandis que de nombreux complots, concoctés par un groupe de magiciens dénommé les « poètes », tentent de s'emparer de positions d'importance afin d'imposer leur vision du monde sur les gouvernements et les populations. Usant de la puissance du Média-Mix, le scénariste va exploiter chacun des médiums mis à sa disposition afin de narrer des histoires n'ayant pour point commun que ces rares éléments. Ainsi, tant les particularités de la narration, du récit, des éléments fantastiques et même de la personnalité des personnages offriront une expérience adaptée et nouvelle au lecteur, qui pourra ainsi redécouvrir maintes fois une épopée familière sans toutefois craindre la redite.

Adaptée en Manga, en Anime et en Roman, l'histoire du Chevalier d'Eon de Beaumont est ainsi narrée en utilisant à chaque fois des paramètres différents. Comme nous l'avait expliqué l'auteur lors d'une récente Interview, on pourra remarquer que « « le manga souligne l'horreur et l'action », « le roman s'attarde sur la démystification », ou encore « l'Animation se focalise sur la dramatique de la cours impériale » ». Ainsi, la première chose qui frappe à l'ouverture du manga, c'est ce côté profondément dynamique et violent propre à la dessinatrice Kiriko Yumeji qui applique ici son trait jouissivement outrancier et une imagerie gothique qu'elle affectionne tout particulièrement (il suffit de jeter un oeil sur ses illustrations de succubes et autres créatures démoniaques pour s'en rendre compte). Corps mutilés et dépecés, ennemis mutants aux yeux vides, speed-lines (les fameuses lignes de vitesses utilisées afin de dynamiser l'action) et uniformes en cuir stricts, l'aspect graphique du manga ravira tous les amateurs de quêtes éclatantes tandis que l'encrage immodéré et vif de la dessinatrice permet de retranscrire tant la grâce des héros que la qualité poisseuse et vile de leurs ennemis, monstrueusement polymorphes et issus de mutations provoquées par d'illustres cantiques maléfiques. Par opposition, et alors que le roman met également en scène des personnages subissant certaines mutations savamment mises en scène à des points clés de l'histoire, l'anime joue quant à lui sur le registre de la sobriété. En effet, Pas de grosses mutations outrancières ici, mais juste une coloration de la peau et des habilités augmentées par la pouvoir de psaumes divulgués au moment opportun.
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INTERVIEW : TOW UBUKATA (LE CHEVALIER D'EON)Merveilleux touche à tout de l’écriture, le romancier japonais Tow Ubukata a déb... | ||
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INTERVIEW : TOW UBUKATA (LE CHEVALIER D'EON)































