
SI LOIN
Un film de Tania Hermida
Avec Pancho Aguirre, Tania Martinez, Fausto Miño, Cecilia Vallejo, Ricardo González, Alfredo Espinosa Cordero, José Alvear, Elena Torres, Liceth Latorre
Durée : 1h32
Date de sortie : 07 mai 2008
Une jeune femme, Tristeza, prend la route pour rejoindre la ville de Cuanca et empêcher le mariage de l'homme qu'elle aime. Dans son périple, elle rencontre Esperanza, une voyageuse qui vient de Barcelone qui se joint à elle. Ensemble elles font du stop pour rejoindre la ville. En chemin, elles font des rencontres, notamment celle de Jésus qui se rend lui aussi à Cuenca pour y disperser les cendres de sa grand-mère.

Ainsi on adopte un rythme lent, celui du voyage, on ne fait pas d'emblée connaissance avec les personnages et leurs motivations profondes. Tout cela garde d'abord sa part de secrets qui trouveront leurs résolutions plus tard. La présentation des protagonistes est d'ailleurs assez comique, décalée, à la manière neutre d'un état civil (âge, taille, maladies héréditaires et autres détails presque physiologiques), il en va de même pour les villes (présentées en voix-off avec la date de leur découverte, leur population, leur histoire). Bref cela prend ironiquement de la distance, en contradiction avec ce qui se déroule sur l'écran.
Car comme tout périple, celui-ci est avant tout intérieur, le reflet d'intimités et de liens inattendus, des amitiés profondes qui naissent parfois au hasard des circonstances (grâce à la belle complémentarité que développent les deux actrices principales, Tania Martinez et Cecilia Vallejo). Ici, c'est une grève nationale paralysant les routes qui va rapprocher Esperanza, l'espagnole extravertie et ouverte avec Tristeza, équatorienne d'abord farouche et taciturne. Elles semblent seules, isolées, dans un monde étrangement déserté, comme si la création entière répondait à leur avenir en attente. Les paysages équatoriens sont immenses, naturels, mystérieux. Les villes semblent abandonnées et silencieuses. Les chemins sont interminables, les voitures qui pourraient les prendre à leur bord sont rares et vaguement inquiétantes.

L'incertitude profonde, qui est l'essence des vrais voyages, devient le coeur esthétique et thématique du film. On ne sait jamais vraiment où on atterrit. On ne distingue pas les rencontres qui sont solides et fiables de celles qui peuvent mal tourner. On partage étrangement l'état des deux héroïnes. Il s'agit simplement d'embarquer avec elles, et de s'ouvrir, un peu comme Tristeza qui, peu à peu, va partager son histoire, se dévoiler jusqu'à livrer son vrai nom lorsque le voyage aura pris fin.







































