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CINE : LAS VEGAS 21

CINE : LAS VEGAS 21

Tout sur LAS VEGAS 21 - La Critique - Photos - Le 2008-04-24 09:54:13


Qui est Ben? Un "adulescent" pas comme les autres. Plus doué que la moyenne, issu d'une famille modeste et surtout sage comme une image. Sa vie se dispute entre des études industrieuses et des petits boulots pour payer ses frais de scolarité. Un soir, alors qu'il étudiait tout seul dans une bibliothèque vide, un élève l'emmène dans une pièce. A l'intérieur de ladite pièce, une bande de mathématiciens qui lui proposent d'aller à Las Vegas pour jouer au black-jack sous de fausses identités et rafler de grosses mises. Croyez-le ou non: Las Vegas 21, de Robert Luketic, succès inattendu au box-office US, est une bonne surprise qui devrait faire joliment tache dans le désert estival.

LAS VEGAS 21
Un film de Robert Luketic
Avec Jim Sturgess, Kevin Spacey, Laurence Fishburne, Shaun Aponik, Fethi Bendida, Eric Bruno Borgman, Kate Bosworth
Durée : 2h02
Date de sortie : 04 juin 2008

Las Vegas 21

Evacuons d'emblée les peurs liminaires. Oui, les premières images de Las Vegas 21 laissent craindre le pire. Soit un de ces énièmes précipités pour adolescents désoeuvrés qui promet de réduire ses personnages clichetons à de sinistres archétypes (l'intello timide, les nerds sexuellement frustrés, le prof cool, la bombe intelligente, la maman esseulée) et par conséquent de résoudre tous les enjeux dramatiques - et ainsi la peinture de l'univers factice de Las Vegas - avec une désinvolture proche du calibrage éhonté. Ajoutez la mention based on a true story et oubliez. Bonne surprise: il n'en est strictement rien. Malgré des défauts évidents, on en sort étrangement emballés. Non seulement parce que les personnages secondaires très attachants qui gravitent autour du protagoniste ne sont pas négligés mais surtout parce que cette histoire extrêmement simple est racontée avec une fluidité sans cesse renouvelée et un refus manifeste de l'angélisme bêta. Premier atout de taille: le film privilégie l'ambiguïté au manichéisme poids lourd. L'intérêt n'est pas de savoir si cette histoire de jeunes arnaqueurs est crédible. Il réside ailleurs: dans la dramatisation, dans la progression psy du personnage principal. A savoir Ben, un surdoué vaguement autiste (Jim Sturgess, excellent) qui exploite ses facultés intellectuelles dans un but noble (payer ses études et faire des économies à sa maman) et finalement se laisse bouffer par l'univers artificiel de Las Vegas gangrené par la réussite éphémère et le mauvais goût rutilant. Ou comment un personnage de post-adolescent irréprochable, peu habitué aux excès, va apprendre à maîtriser ses émotions inconnues (la peur de se mettre en danger, la nouvelle peau, la découverte de la sexualité, le changement de personnalité). Un sujet mille fois rebattu au cinéma, certes. Mais traité ici avec un enthousiasme du genre communicatif, voire une absence de prétention.

Las Vegas 21

Pour commencer, l'homme derrière la caméra, c'est Robert Luketic, réalisateur impersonnel de La Revanche d'une blonde et Sa mère ou moi, qui a la bonne idée de ne pas se prendre pour un petit Steven Soderbergh armé de velléités expérimentales. A défaut de réaliser des miracles, la mise en scène tantôt austère pour refléter la rudesse universitaire tantôt clinquante pour illustrer ce qui se déroule à Las Vegas colle toujours aux tempêtes psychologiques du jeune Ben. Toujours cohérente et fluide, elle ne sombre jamais dans une lourdeur formelle rédhibitoire. Malgré des dialogues trop écrits (les relations prof-élève, registre toujours aussi casse-gueule), le scénario séduit sans peine, et il n'est pas nécessaire de comprendre les règles du black-jack pour être captivé. Un peu comme lorsque Oliver Stone ausculte les arcanes du football américain dans L'enfer du dimanche en n'expliquant aucune règle et en se contentant de perdre le spectateur dans un univers bouillonnant. Du black-jack, on comprend surtout l'essentiel. Comme lorsqu'on joue au poker, tout repose sur la concentration, l'observation, la mémoire et la roublardise. La seconde force du film est de dépeindre l'envers putride de Las Vegas, lieu paradisiaque des possibles qui se mue en enfer interlope, où la morale est bannie du vocabulaire. Ne pas essayer de voir des intentions proches du Showgirls de Paul Verhoeven où le racolage des shows érotiques servait à pointer du doigt la vulgarité ricaine: Luketic utilise ce décor de paille pour donner un sens à sa fable initiatique où Ben, trop intelligent et sensible pour ce monde de brutes, apprend à son tour une terrible désillusion: il ne deviendra jamais un super héros aux couilles d'acier à qui tout réussit.

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pak Mieux vaut se laisser porter sans réfléchir. 6    06 juil
 


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