
CINE :BONS BAISERS DE BRUGES
Tout sur BONS BAISERS DE BRUGES - La Critique - Photos - Le 2008-04-25 10:02:24BONS BAISERS DE BRUGES
Un film Martin Mc Donagh
Avec Colin Farrell, Ralph Fiennes, Brendan Gleeson, Jérémie Renier, Clémence Poésy
Sortie le 25 juin 2008

Bons Baisers de Bruges, à première vue, peut laisser songeur à l'image de ces premières séquences complètement décalées. En effet, alors que le film semble être vendu comme un film policier aux tendances humoristiques, aux seconds rôles écrits et aux personnages caricaturaux à l'instar des films anglais de Guy Ritchie, il n'en est rien et fait montre d'une incroyable justesse et ce dès que l'intrigue se met véritablement en place. Certes les caractéristiques que l'on retrouve dans sa première partie sont très proches des comédies à suspense à l'humour britannique si particulier mais c'est sans compter sur la présence du réalisateur Mc Donagh qui signe ici son premier long métrage après un court oscarisé. En effet, la patte du metteur en scène est omniprésente et pose sa première partie brouillonne et caricaturale comme une longue exposition qu'il faudra tout de même suivre pour véritablement accrocher à cette histoire troublante de deux tueurs à gages Ray et Ken, interprétés respectivement par Colin Farell et Brendan Gleeson. L'ensemble est déroutant pour diverses raisons qui ont une malheureuse tendance à surprendre le spectateur.

D'une part, Farell se pose là comme un cabotin de première, comme il sait si bien le faire dans certains de ses rôles et est sans arrêt dans le sur-jeu d'autre part, l'humour si particulier qui est marque de fabrique de la comédie britannique peut être dans un premier temps inabordable, surtout quand le ton du film n'est ni vraiment à la comédie et encore moins à une quelconque intrigue policière. Troublant donc de ne savoir sur quel pied danser mais très vite cette astuce bancale semble être une force pour le metteur en scène qui finalement ne faisait que poser des bases pour une trame beaucoup plus proche du théâtre que de la réelle narration cinématographique. Normal lorsque l'on sait que le réalisateur est, avant tout, homme de scène et homme de lettres. Auteur de deux trilogies (Leenane et Aran Island) dans lesquelles il emploie sans cesse les dialectes curieux et ironiques d'Irlande qu'il pousse vers ses limites, il est connu pour être un excellent dramaturge et se sert finalement dans son film des codes qu'il pratique depuis toujours. C'est pour cette raison que son film dans un premier temps peut surprendre, tant les premiers quart d'heures sont étranges et finalement tellement indispensables. Mais sa construction est suffisamment adroite pour que chaque pièce du puzzle trouve sa place et permette au spectateur de se frayer un chemin dans cette histoire beaucoup plus humaine que ce que peuvent laisser penser les premiers dialogues.
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