

Et pour ceux qui n'auraient pas suivi la subtile transition entre le précèdent dossier consacré au sublime Hurlements de Joe Dante et celui-ci, commençons dès le départ par rappeler la présence dans ces deux films de la sublime et tellement rare Dee Wallace Stone que nous avions laissé la semaine dernière avec une sérieuse infection des oreilles pour sifflements aigus, après que nous ayons ramener ses exploits à nos mémoires. En effet, la pauvre était sans doute passée pour une véritable emmerdeuse puisque votre serviteur s'était permis de reparler quelques épisodes incroyables de sa vie de star du cinéma de genre (contrat ultra puritain, loup-garou caniche et autres extravagances...), défauts certains qui éclipsaient partiellement voir totalement ses réels talents d'actrice. Son interprétation fort réussie dans le film de cette semaine devrait donc rattraper le coup et proposer l'autre face d'une petite bonne femme, plus agréable que ses déboires mégalomanes, et nous la présenter sous le visage que l'on aime tant chez elle, à savoir celui de la gentille maman au foyer, type de personnages auquel elle prêtera maintes fois ses traits et qui posera l'actrice comme l'un des visages éternels du cinéma grâce à son rôle de Mary, la mère célibataire du petit Elliot dans les aventures du plus gentil extraterrestre de tous les temps: Alien! Là, vos yeux s'écarquillent et vous vous dites que la bourde est trop énorme pour la laisser passer et avant que vous ne saisissiez votre clavier pour me rappeler à l'ordre, sachez qu'il s'agit uniquement d'une petite blagounette dont le but est, d'une part de nous dégager de l'emprise un peu trop politiquement correcte de notre Dee Wallace préférée, et d'autre part pour introduire le fait que le film de Stephen Herek est avant toute chose une grosse poilade allant un peu dans tous les sens, à l'image de ses petits monstres ébouriffés roulant un peu partout et renversant un peu tout ce qui passe sur leur route. C'est donc le chef d'oeuvre de Steven Spielberg - E.T.- qui offrira à l'actrice son rôle le plus marquant tandis que la jeune femme avait déjà été une jeune maman dans la fameuse Colline a des Yeux de Papy Craven. Et ce n'est pas son jeu qui affirme un peu plus son statut de femme libre dans le film de Joe Dante qui marquera les esprits, si ce n'est celui du réalisateur des Dents de la Mer qui aussitôt lui confira la responsabilité d'être la mère si fragile et si touchante dans la jolie rencontre avec la bestiole la plus sympa de l'espace!

Et ironie du sort et surtout bonne idée de Stephen Herek de proposer à la comédienne de venir refaire le coup de la mère au foyer pour une nouvelle rencontre intersidérale, puisque celui-ci a dans l'idée que cette rencontre là ne se fera pas dans la dentelle même si le traditionnel gueuleton est organiser pour fêter ça! Finies donc les bestioles lumineuses cachées dans le placard ayant la faculté improbable et naïve de faire repousser les fleurs fanées (pouvoir extraordinaire qui, en soit, ne sert à rien si ce n'est aller un peu moins chez le fleuriste...)! Finis aussi les petits garçons sensibles et ouverts sur l'inconnu! On parle des Critters là! Ces enflures de l'espace qui vont de planète en planète pour bouffer tout ce qu'ils peuvent et dont l'unique ambition n'est pas de rentrer chez elles mais d'être méchantes! Et elles le sont tellement que lorsqu'une peluche du gentil E.T., doudou dont rêvent sans l'avouer tous les lecteurs de cette rubrique, leur passe sous le nez, ni une ni deux, elles la bouffent, décapitant le voyageur pacifiste qui ne voulait, finalement, que passer un coup de fil chez lui... C'est donc de cette ironie et de cet humour à toute épreuve que ce sert le jeune réalisateur pour nous pondre une série B qui a ravi et ravira toujours les amateurs de films de mini monstres, qui squattèrent les vaillantes 80's sans aucun scrupule! Cette fabuleuse période pendant laquelle tous les producteurs cherchaient quelque chose de petit mais de suffisamment vorace pour bousiller le Box-office suite au succès amplement mérité des géniaux Gremlins du père Dante qui faisait encore parler de lui quelques années après son film de loups-garous. Car si le spectateur regardant le film de Herek fera aussitôt le rapprochement entre les Krites (vrai nom des méchantes créatures) avec les monstres du papa des Small Soldiers, c'est pourtant les infamies carnassières qui légalement sont plus âgées par rapport aux rejetons de Gizmo!

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