
Vous retrouverez ainsi chaque semaine un nouveau film en intégralité sur le site avec interview de son réalisateur.
Nous espérons ainsi vous faire découvrir les premières oeuvres des auteurs de demain et qui sait ? Peut-être des futurs grands réalisateurs ...

Anaconda, c'est l'histoire d'un homme dans un parking se dirigeant vers sa voiture. Celui-ci vivra l'aventure de sa vie, bloqué dans son propre véhicule. Nous n'en dirons pas plus, si ce n'est que Alexandre Astier y est particulièrement désopilant !
Nous vous conseillons de regarder le court-métrage avant de lire l'entretien qui suit, ce dernier révélant certains éléments d'histoire de nature à troubler votre première vision de l'oeuvre.

- Peux-tu nous rappeler ton parcours personnel de hier à aujourd'hui ?
Après une première et une terminale littéraire option cinéma, j'ai obtenu mon Bac en partie grâce à mon film de fin d'étude. Puis j'ai pris le chemin de la fac de cinéma où j'ai passé les années les plus creuses de ma scolarité. Heureusement, c'était le début de la carte cinéma illimitée. J'ai donc pu profiter pleinement de cette aubaine pour me gaver de films. Très vite, j'avais vu tout ce qui sortait chaque semaine ! Bons et mauvais films !
Aujourd'hui , et depuis 2001, je travaille chez un éditeur DVD, où je m'occupe de la conception graphique et éditoriale de DVD.
- Anaconda est ton premier court professionnel ? En as-tu réalisé d'autres depuis ?
ANACONDA est effectivement mon premier court pro. J'ai eu l'occasion de réaliser quelques petites choses lorsque j'étais étudiant. Il est bien évident que ces ‘' choses ‘' sont parfaitement invisibles en dehors d'un cercle d'amis très très intime ...
Pour ANACONDA, j'étais pour la première fois en présence d'une vraie équipe de tournage, de vrais techniciens professionnels, et je dois avouer que je n'en menais pas large ...
Par la suite, j'ai aussi réalisé un clip pour un groupe de rock Français HOTEL : « Plus Bas ».
Et je suis actuellement en train de préparer plusieurs projets de courts.
- Comment as-tu choisi Alexandre Astier pour jouer l'unique rôle "humain" du film ?
Mon premier choix s'est d'abord porté sur Albert Dupontel.
Il a lu le scénario, qui lui a beaucoup plu, mais il n'était pas disponible avant très longtemps.
Puis j'ai contacté Clovis Cornillac : même réponse !
Du coup, comme je regardais les débuts de la série KAAMELOT, j'ai pensé à Alexandre Astier. J'ai trouvé les coordonnées de sa boite de production , et au culot j'ai téléphoné pour lui proposer le rôle. Le lendemain matin , il me répondait personnellement en me disant qu'il s'était bien fendu la poire en lisant le scénario et que c'était OUI !!!
Sa décision a considérablement accéléré le processus de production du film. Nous devions nous caler sur ses disponibilités ! Trois mois après son coup de fil, nous tournions les premiers plans.
Petite anecdote, lors de la soirée que nous avons organisé la veille de tournage pour que chacun se rencontre et commence à discuter, nous avons sérieusement évoqué avec Alexandre et mon producteur, la possibilité d'adjoindre au personnage un gros chien en plus de son étendoir ! Il devait le regarder placidement se débattre dans sa voiture. A la fin, il devait jouer avec les objets qu'Alexandre peinait à extirper du coffre. Nous étions persuadé du potentiel comique de ce "regard" plus calme sur les événements.
A 23h, nous avons battu le rappel de tous nos amis présents, les heureux propriétaires de chiens.
Puis après quelques minutes de réflexions nous avons abandonné cette idée saugrenue ...
C'est amusant que tu soulignes le côté rôle "humain" !
Nous avons dès le début envisagé la voiture comme un personnage à part entière.
Nous ne voulions pas nous approcher du film CHRISTINE, mais plutôt que le spectateur puisse se poser la question d'une "vengeance" supposée de la voiture. Par contre à aucun moment je n'ai donné de pistes précises quant à cette interprétation. Pour moi, le personnage est simplement victime de sa propre maladresse !
- Lors de la vision de Anaconda, on pense beaucoup à l'imagerie des cartoons (les bruitages y contribuent), ça t'a influencé en quelle mesure ?
Il est vrai que nous avons apporter un soin tout particulier au design sonore de notre film. L'ingénieur du son et moi-même nous sommes bien amuser à rajouter des bruitages et des effets dans tous les sens.
La différence entre la version brute et la version bruitée est assez flagrante ! Je reconnais que nous nous sommes laissés aller à un petit détail "fun" : le bruit du sac plastique plein de nourriture lorsqu'il arrive sur le siège passager ... ; La voix de sa femme au téléphone est aussi un poil too much mais cela nous faisait bien marrer !
- Ton court a-t-il été projeté en festival ?
Pas encore !!!
Pourtant le film a été projeté en HD lors de l'IDIFF 2007 à La Rochelle.
Puis j'ai eu la chance de le voir lors de la projection "officielle" que nous avons organisé au Max Linder à Paris.
Nous avons eu de nombreux déboires lors de la post-production qui nous ont considérablement retardés.
Du coup, nous sommes très en retard pour présenter le film aux différents festivals. J'attends cette étape avec impatience, car j'ai hâte de voir les réactions du public ! Je suis aussi impatient de laisser le film vivre sa propre "vie" dans les salles ...
C'est une étape très étrange, où le réalisateur n'a plus aucune prise sur son travail, il le livre au jugement des autres !
- Pour finir, quel serait le premier conseil que tu donnerais à un jeune réalisateur qui nous lit ?
Tourner, tourner, tourner, tourner !!!
Aujourd'hui nous avons la possibilité de nous procurer très facilement une caméra ( il y a en a même dans les téléphones portables !).
Aussi je pense qu'il est facile pour un jeune réalisateur de raconter des histoires et de les diffuser au plus grand nombre via internet.
Je déteste cette idée que le cinéma puisse se réduire à une technique aussi approximative, à une image vidéo crade. Mais c'est un fait, il est possible à chacun de faire des films et de raconter une histoire !
C'est en discutant avec un ami que j'ai ouvert les yeux : Faire un court aujourd'hui est très difficile ! Trouver de l'argent surtout est un véritable défi. Les producteurs s'accorderont sur ce fait : financer un court prend de long mois ! Alors que vaux il mieux ?
Attendre des années pour parvenir à faire 1 film avec des moyens et une très belle qualité.
Ou faire plusieurs films de qualité moindre, avec peu de moyens, mais ainsi être capable de prouver sa faculté à raconter des histoires, à diriger des acteurs, à rendre crédible des situations ...
J'avoue que je n'ai pas encore ma propre réponse !
Mais je n'ai pas envie de me retrouver aigri, avec le sentiment d'avoir "joué" au réalisateur au lieu de le devenir ...
Vincent Martini
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