
RETOUR SUR LE CINEMA DE VOLKER SCHLONDORFF
Tout sur ULZHAN - La Critique - Photos - Le 2008-04-28 12:35:08Fils d'une famille de médecins, Schlöndorff, allemand d'origine, est envoyé en France à l'âge de 15 ans par un père épris d'idées européennes. C'est là qu'il rencontre Bertrand Tavernier, avec qui il se lie d'amitié. Il se rappelle avoir vu Nuit et brouillard d'Alain Resnais au cours d'une séance scolaire. Le souvenir d'avoir été le seul allemand présent dans la salle et d'avoir dû supporter, lorsque le film s'est éteint et que la lumière s'est levée, les regards de ses camarades lui restent impérissables. C'est néanmoins en France, berceau de la cinéphilie, que Schlöndorff a forgé son amour du cinéma.

Pourvu de diplômes universitaires de Sciences Politiques et de Philosophie, il travaillera quelques temps à la Cinémathèque française où il rencontrera les Jeunes Turcs de la Nouvelle Vague. Il poursuivra ses études à l'IDHEC (ancienne Fémis) avant d'occuper le rôle d'assistant réalisateur chez Alain Resnais [L'année dernière à Marienbad (1961)], chez Jean-Pierre Melville [Léon Morin, prêtre (1961) et Le Doulos (1962)] et chez Louis Malle [Vie privée (1962) et Le Feu follet (1963)]. Mais le nom de Schlöndorff ne se fait véritablement connaître que quelques années plus tard, dès 1966, lorsqu'il réalise le premier film de ce qui deviendra le « nouveau cinéma allemand ». Avec Les désarrois de l'élève Toerless (1966), Schlöndorff entaille une brèche dans le cinéma de la RFA, de laquelle émergeront Rainer Werner Fassbinder, Wim Wenders, Werner Herzog... Ces cinéastes opéreront, par le truchement de leur cinéma, le mea maxima culpa d'une Allemagne morcelée.

Mais Schlöndorff, à l'instar des cinéastes de la Nouvelle Vague, a dû se renouveler pour ne pas contenir son cinéma dans le seul bégaiement de ses premiers films. Après avoir fait montre de puissance en chargeant son Oeuvre d'une lecture critique et politique de l'Allemagne, le cinéaste entame un nouveau cinéma, plus fabuleux mais non moins emprunt d'engagement. La jonction de ces deux périodes se situe avec Le Tambour (1979). Cinéaste du monde, Schlöndorff passera ensuite par les Etats-Unis, où il collaborera avec Harold Pinter, et par la France. Avec son dernier film, il s'arrête même dans les steppes d'Asie centrale. La dernière période de son cinéma, renoue avec ses premiers films, avec des oeuvres aussi engagées que Les Trois vies de Rita Vogt (2000) sur le terrorisme allemand des années 90 ou que Le neuvième jour» (2004) sur la religion dans les camps de concentration. Ce découpage dans l'évolution du cinéma de Schlöndorff n'a rien d'exhaustif et dans notre cas, nous permet davantage de mieux percevoir l'oeuvre du cinéaste sous cette forme stratifiée.







































