

BRAINDEAD
Les mères dans les films de Peter Jackson ne sont pas réellement gâtées, présentées qu'elles sont comme castratrices, vampirisantes. Le réalisateur a beau se défendre de n'avoir jamais eu de tels problèmes avec sa propre maman, il n'empêche que cette observation est valable à chaque fois, que ce soit de Fantômes contre Fantômes à Créatures Célestes, en passant bien sûr par ce Braindead qui s'en impose comme l'exemple le plus flagrant, le plus direct puisqu'il va symboliser ce conflit sous la forme d'un duel "classique". Toute l'histoire tourne ainsi autour de Lionel, un jeune homme un peu gauche vivant encore au domicile familial avec sa vieille mère et qui, le jour où une ouverture s'offrira enfin à lui avec la rencontre d'une jolie jeune femme, va malheureusement devoir assumer davantage sa vieille maman qui se transforme en un vorace zombie. Une métamorphose qui aurait pu être justifiée simplement par le caractère ultra-possessif de la mère, plus fort que la mort, mais qui n'aurait pas collé avec le délire que désirait Jackson, à savoir multiplier les zombies jusqu'à une scène finale d'anthologie (et le mot est faible) où les limites du gore seraient repoussées. Néanmoins, s'il veut d'une contamination traditionnelle pour laisser libre cours à ses envies d'hémoglobine, le petit génie néo-zélandais n'en oublie pas pour autant le coeur de son histoire, l'émancipation d'un fils face à sa mère possessive. Un thème qui trouvera en toute logique son apogée dans le climax du film, lorsque Louis et sa bien-aimée se retrouvent à combattre la mère - devenue un monstre gigantesque - sur le toit de la maison en flammes. La monstrueuse maman appelant son fils à revenir vers elle, ouvrant son ventre dans un déchirement de chairs pour l'y enfermer, au piège dans la matrice maternelle. Jusqu'à ce que Louis la transperce de l'intérieur et la tue, passant au travers grâce à l'objet représentatif de son amour (un talisman en forme d'étoile). C'est assez clair ou je vous fais un dessin ?

MA MERE
Penser la mère au cinéma c'est souvent rencontrer clichés et images d'Epinal. Avec le film de Christophe Honoré, heureusement, l'ensemble s'éloigne de tels stéréotypes et la mère se fait alors immorale, transgressive et perverse. Incarnée par Isabelle Huppert, on ne peut en effet oublier ce dernier métrage parce qu'il convie à l'écran, tout ce que l'on n'aimerait pas voir. Ainsi, bouleversé, agacé voire claquemuré dans nos certitudes et nos visions normatives, l'adaptation qu'il livre de Bataille a le mérite de mettre en séquences et en plans, l'idée d'une mère qui reste avant tout une femme dont le plaisir et son assouvissement sont les seuls buts. En cela, éminemment subversif et incommode, dérangeant et inconfortable, Ma mère de Christophe Honoré cultive ce goût pour la marge, cet appétit factice - aussi voyant que scrutateur - pour la dérive. Notamment et plus encore lorsqu'elle est sociale et anormale. En somme, à l'opposé des figurations habituelles de la mère idéale, Ma mère en 2004 a produit son petit effet et doté le cinéma français, d'une envie de renouer avec cette part obscure de l'être qu'examinait déjà Kubrick dans Lolita.
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CINE : IL Y A LONGTEMPS QUE JE T'AIMELa mode est aux écrivains cinéastes. Comme si le fait de réaliser un film consti... | ||
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CINE : IL Y A LONGTEMPS QUE JE T'AIME






























