


Après un carton défilant qui prévient le spectateur du thème principal du film, le progrès, le réalisateur dresse un portrait rapide mais concis et précis du lieu de l'intrigue : la ville moderne. En seulement trois minutes Julien Duvivier va déterminer les trois motifs majeurs qui, selon lui, caractérisent la ville moderne ; la profusion, la saturation, la confusion. Ces trois motifs ne sont pas exposés l'un après l'autre mais s'interpénètrent dans chaque plan de cette séquence introductive, non pas pour dire que la marche vers le progrès mène forcément la société à sa perte mais bien pour signifier que la notion de progrès contient dans son essence même ses limites et ses travers. Un portrait nuancé donc, qui ne condamne pas en soi la notion de progrès mais qui en relativise les effets et les conséquences. Cette séquence d'introduction contient de fait le film tout entier, à savoir que la marche vers le progrès est chose inévitable mais que le travail de chacun peut l'influencer, ainsi à la fin du film Denise va convaincre Octave Mouret (Pierre de Guingand), l'homme qu'elle aime et qui était sur le point de renoncer à son grand magasin de redoubler d'efforts pour faire de son commerce le plus florissant de Paris.

































