
Cependant, difficile de s'imposer sur les ondes quand les concurrents directs se nomment Les Simpson, Les Griffin ou encore South Park, programme clé de la chaîne Comedy Central qui diffuse également Drawn Together. Le seul moyen de se démarquer est alors d'aller toujours plus loin en brûlant le plus de tabous possibles. Créé par les scénaristes Dave Jeser et Matthew Silverstein, véritable entité à deux têtes à l'image de leurs collègues Trey Parker et Matt Stone (créateurs de South Park), la série joue donc la carte du trash et n'est pas à conseiller à nos chères têtes blondes, comme le souligne à juste titre l'interdiction aux moins de 18 ans avant chaque épisode.

Si vous avez toujours voulu connaître la sexualité des héros animés, vous risquez d'être grandement surpris, voire choqués. Ici, on ne fait pas dans la dentelle, et seuls les spectateurs qui savent rire de tout et surtout du pire, arriveront à apprécier ce programme à sa juste valeur. Cependant, la surabondance de trash ne se fait jamais au détriment de l'humour, au contraire. Jouant sur différents tableaux, allant de l'absurde au référentiel le plus poussé, Drawn Together passe au vitriol tous les codes du monde du divertissement.
Sans vouloir intellectualiser plus que de raison ce qui se veut avant tout comme une machine à zygomatiques, c'est ce miroir de notre société, qui conserve encore aujourd'hui les stéréotypes racistes que l'on tente désespérément de faire disparaître dans la réalité, que dénonce le show via une satire des plus corrosives. Rien d'étonnant à ce que les habituelles victimes de la différence soient ici les auteurs ou les interprètes des gags sur les noirs, les juifs, les homosexuels ou autres minorités. Une certaine légitimité qui rend le tout plus sain qu'il n'y paraît.
Comme dans toute émission de télé réalité, et particulièrement le type « Cage à rats » (Loft Story), l'intérêt est de faire cohabiter des gens « banals » dans un décor/prison, et attendre que leurs caractères créent des tensions ou des amitiés, tout en les poussant à se confronter via diverses épreuves et éliminations. Les candidats peuvent également livrer leurs pensées quant aux situations dans le confessionnal. La seule chose qui différencie Drawn Together de ses modèles, c'est la non-banalité de ses personnages et la destruction des barrières de la réalité. Un petit tour d'horizon des candidats s'impose :

Quel sort funeste que celui des égéries du début du XXème siècle... Après avoir connu la gloire dans les années 20, Toot est devenue une has-been de la TV qui a bien du mal à faire accepter son physique d'un autre âge. Comprenant qu'elle n'a aucune chance de s'intégrer comme le sex symbol qu'elle était, elle décide de devenir la garce de l'émission. De nature maniaco-dépressive, elle entre dans des rages folles et pleure comme une madeleine dès que l'on ne lui prête pas attention. Elle trouve son réconfort dans l'alcool et la forte quantité de nourriture qu'elle ingurgite, ses repas pouvant tout aussi bien comprendre du fromage, qu'une baleine, une télévision ou un de ses malheureux colocataires. Basée sur la mythique Betty Boop, Toot est un personnage haut en couleurs, malgré son noir et blanc. Pooh pooh bee doo !




































