
CINE : MY NAME IS HALLAM FOE
Tout sur MY NAME IS HALLAM FOE - La Critique - Photos - Le 2008-05-07 05:17:28MY NAME IS HALLAM FOE
Un film de David MacKenzie
Avec Jamie Bell, Sophia Myles, Ciaran Hinds, Claire Forlani...
Durée : 1h35
Date de sortie : 09 Juillet 2008
Hallam Foe, 17 ans, vit en pleine campagne écossaise avec son père et sa belle-mère. Leurs relations sont assez difficiles.Perturbé par la disparition de sa mère, cet adolescent n'a qu'une passion : la vie des autres. Il a même développé une étrange manie : espionner les individus qui l'entourent. A la suite d'une violente dispute avec son père, Hallam décide de quitter le nid familial pour Edimbourg. Du haut des toits de la capitale, il se met alors à découvrir la ville et ses habitants et plus particulièrement la troublante Kate dont le visage lui paraît très vite familier...

L'adolescence ne se passe jamais comme on le souhaiterait... Si les drames du quotidien, amplifiés par une sensibilité accrue, semblent s'acharner sur le sort des jeunes adultes, certains d'entre eux sont plus instables, dérangés ou carrément fêlés. Hallam Foe en est un. Mais rapidement, s'il est néanmoins présenté comme un être voyeur, indélicat et bourré de complexes, le réalisateur porte un regard attendrissant sur ce cynique invetéré, persuadé d'un assasinat de sa mère par une belle-mère arriviste. Traitant avec subtilité de la difficulté du deuil et de l'acceptation de soi, MacKenzie réussit l'exploit de nous faire entrer dans l'esprit de Foe sans pousser la dramaturgie à l'extrême. Distillant ingénieusement des éléments de polar dans ses premières minutes, My Name is Hallam Foe prend plusieurs chemins détournés et tend à questionner le spectateur sur la nature du film et ses ambitions, tant cinématographiques que scénaristiques.
Mais plus le métrage avance plus les pistes vont se brouiller... Thriller érotique, malsain, comique, social, étrange, nerveux et psychologiquement torturé, My name is Hallam Foe n'appartient pas à un genre établi et les comédiens qui le peuplent participent également à ce patchwork surprenant qui reste néanmoins d'une véritable homogénéité. Les rencontres que fait le jeune Hallam déconstruisent le jeune adolescent reclus qu'il était devenu et façonnent un être hybride, tiraillé entre la quête de son identité, de sa mère et d'une paix intérieure. Le tout est indéfinissable mais terriblement envoûtant, à l'instar de l'activité du personnage, qui ne cesse d'observer des inconnus à travers une paire de jumelles. Et à notre insu, nous nous retrouvons prisonniers de cette position de voyeur, à la fois angoissante et manipulatrice et nous projetons dans la conscience de cet homme brisé...

Sans perdre le fil de son histoire, MacKenzie joue sur différents tableaux et profite de notre fascination pour Hallam pour nous convaincre de ses élucubrations sur l'assassinat potentiel de sa mère. Prenant donc la tournure d'un récit policier aux allures Hitchcockiennes, le long-métrage devient palpitant et entre dans une nouvelle dimension menant le spectateur à un véritable climax dramatique bouleversant. Le passage à l'âge adulte, l'acceptation de soi et les difficultés d'accepter le mort d'un proche sont autant de thèmes passionnants évoqués dans Hallam Foe, et ce avec la plus grande délicatesse, l'humour le plus noir et une tendresse enivrante. La prestation des comédiens, exemplaire, est à saluer et confirme tout le bien que l'on pensait du jeune prodige anglais, Jamie Bell. Surprenant...
Kevin Dutot
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