
LES ALPES
Un film de Stephen Judson
Durée : 51 mn
Date de sortie : 12 Juin 2008
Spécificité : film en Imax
L'Eiger est l'un des principaux sommets de la chaîne alpine. Or, il reste pourtant trop méconnu du public français, celui-ci n'ayant d'yeux que pour le Mont-Blanc. La faute incombe à la situation géographique du mont Eiger, situé entre la Suisse et l'Italie. Ce cadre splendide est idéal pour poser l'histoire réelle mais dramatique de John Harling III qui va chercher à gravir la paroi nord du mont, comme l'avait fait son défunt père, quarante ans auparavant. Celui-ci a effectivement trouvé la mort en faisant l'ascension de la face nord de l'Eiger durant l'année 1966 en tentant d'y ouvrir une nouvelle voie. Sa corde s'est rompue à 400 mètres du sommet, provoquant sa chute mortelle. John Harling III a cherché à honorer la mémoire de la figure paternelle, mais aussi à combattre ses démons intérieurs en dépassant le simple exploit physique. Dans un certain sens, l'esprit de l'alpiniste a été comme prisonnier de l'Eiger, n'arrivant à s'en défaire qu'en affrontant la majestueuse et mortelle montagne. John Harling III offre ainsi à la caméra un véritable voyage introspectif et salvateur.

Le principal chalenge du film est d'arriver à faire avec la météo extrêmement changeante et avec la dangerosité des prises de vue sur des monts enneigés aussi élevés. Les conditions extrêmes du tournage ont été doubles : pour l'équipe technique, mais aussi pour John Harling III. Le format Imax était la monstration idéale pour mettre en image le gigantisme du mont Alpin face à la petitesse de l'homme. La dimension spectaculaire est ainsi magnifiée par le dispositif cinématographique hors norme qui n'oublie pourtant jamais de placer l'homme au coeur de la nature. La lourdeur technique a été parfaitement gérée par l'équipe de Steve Judson. Pour mener à bien leur entreprise, il avait prévu trois types de cadrage en fonction du climat : un plan A si le ciel était dégagé, un Plan B si le ciel était nuageux et enfin un plan C si le ciel était orageux. Un roulement constant entre les différentes équipes et les différents jeux d'équipements a été menés à bien pour offrir au final une cohérence visuelle la plus optimale possible. En outre, ils ont eu à leur disposition deux types de caméra : la caméra Imax de plus de 20 kilos, mais aussi une Spacecam téléguidée, fixée sous un hélicoptère. Le résultat dépasse de beaucoup les prises de vue du précédent film en Imax l'Everest. Ils ont même réussi à filmer en plein coeur d'une impressionnante avalanche avec une caméra Imax enveloppée dans un crash box.
Toutes ces prouesses visuelles concourent à faire ressentir la puissance vertigineuse de l'Eiger, avec cette sensation inégalée d'une projection en Imax, où par moments le spectateur a l'impression d'être à même la paroi rocheuse. Et cerise sur le gâteau, les fans de rock seront aux anges avec une BO 100 pour 100 Queen. Steve Woods a travaillé de concert avec le guitariste Brian May pour réarranger de nombreux titres et mélodies de l'ensemble de la carrière du groupe. Une musicalité qui apporte beaucoup à la grandeur des images, mettant l'homme face à la toute puissance de la nature.
Gwenael Tison
Gwenael Tison







































