
JACQUES TATI - LA PLACE DE L'ENFANT
Tout sur ENFANCES - La Critique - Photos - Le 2008-05-14 05:42:46
Mais il n'aura cependant de cesse de repenser à ce passé riche d'anecdotes, entre celle, très graphique, d'un enfant de coeur ayant mis le feu à l'autel d'une cérémonie dominicale, l'assistance courrant dans tous les sens, ou une autre, tirée d'un reportage des années vingt qu'il affectionne tout particulièrement, alors qu'une petite fille offre un bouquet de fleurs au président de l'époque : « Il avait son chapeau à la main, et pour prendre les fleurs, il le donnait à son chargé de mission qui, du coup, se retrouvait avec un chapeau dans chaque main. Le cameraman, impitoyable, avait cadré le chargé de mission cherchant dans le couvre chef présidentiel le nom du chapelier ». C'est ce genre de petits détails a priori anodins qui ont fait la force d'un Tati très porté sur l'observation tandis qu'effacé devant son travail, l'auteur tentera de stimuler cet instinct chez son spectateur. Une science de l'observation toute particulière, donc, à la fois tendre et comique, qui à poussé l'homme à s'intéresser à la science du septième art et à apporter sa pierre à un cinéma familial bon enfant et toujours de bon ton.

« Il n'y a que les enfants qui comprennent mes films, il n'y a qu'eux qui savent voir ». On pourrait voir dans cette phrase une des raisons pour lesquelles ces derniers se retrouvent ainsi systématiquement en bonne place dans les premières oeuvres de l'artiste. Déjà, dans le court métrage Soigne ton gauche qu'il scénarise et interprète sous la direction de René Clément, Tati se met en scène dans la peau d'un paysan apprenti boxeur que les enfants du quartier encensent, seule foule espiègle et incontrôlable tandis que l'ahuri se fera vite remettre les pendules à l'heure par un fort symbole matriarcal. Mais il en faudra plus pour calmer la marmaille grouillante tandis qu'après un Jour de Fête flamboyant (1949) prenant place lors d'une fête foraine toute familiale s'achevant sur un passage de flambeau à la nouvelle génération (un enfant reprend lors de l'ultime séquence, les oripeaux du facteur incarné par Tati), le metteur en scène inventera le personnage de Monsieur Hulot, à la fois avatar personnel et représentation évoluée d'une innocence et d'une naïveté chère à l'auteur.
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CINE : ENFANCESProjet alléchant à plus d’un titre, Enfances part d’un désir du réalisate... | ||
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