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CINE : LE COUVENT

Tout sur LE COUVENT - La Critique - Le 2008-10-01 13:45:14


Des décapitations ultra-sanglantes de religieuses aux dents longues avides d'hosties en chair fraîche, des jeunes abrutis décimés à la pelle, une héritière de Snake Plissken distribuant le plomb avec générosité.. Vous en voulez engore ?

Perdu ! Le Couvent est un ratage complet.

LE COUVENT (The Convent)
Réalisateur : Mike Mendez
Acteurs : Jim Golden, Bugzy, Liam Kyle Sullivan, Dax Miller, Adrienne Barbeau, Joanna Canton
2001
Sortie le : 25 Avril 2001

''Vade Retro, Salope !''

L'accroche marketing du Couvent est ''Priez Pour Ne Pas Y Entrer''. Bien vu car ce film est franchement sinistré ! Alors bon, cela voudrait-il dire que nous dénigrons un film acclamé partout comme le renouveau du cinéma de genre (encore !) ? Que nous contestons l'acceuil que le Festival de Gerardmer a réservé à ce nouveau Sam Raimi ? Que nous détestons Evil Dead et tous les films d'horreur trash ? Ben, non. C'est juste que Le Couvent est très nul. Très.

On aurait pu en faire un résumé s'il y avait eu une véritable histoire, mais l'argument tient en trois mots : nonnes zombies décimées; 40 ans plus tard, jeunes cons veulent visiter couvent; eux possédés par esprits démons; tueuse du début revenir pour faire place nette.

Mais c'est du fantastique pour jeunes, mais c'est du trash, mais c'est pour le fun, tu peux pas comprendre etc... Même pas vrai ! Mike Mendez s'en fout de son film. Si les Tobe Hooper (qu'il pompe allègrement), Sam Raimi (qu'il décalque comme il peut), Peter Jackson, Frank Henenlotter, Jim Muroe et consorts avaient bien un talent, c'était celui de poser des personnages et des situations, de créer un climat et de s'imposer une réelle narration. Il y croyaient et réalisaient leurs films, même les plus ratés, avec une foi inébranlable. Mike Mendez ne pense qu'à se faire une carte de visite pour Hollywood. Il s'en fout, on vous dit !

La meilleure preuve en est que dès son premier opus, Killer, il a été pressenti pour mettre en scène Sleepy Hollow que Tim Burton lui a heureusement soufflé. Mais après ce Couvent tape-à-l'oeil et bidon en diable, impossible que les tapis rouges ne se déroulent pas à ses pieds. Mike Mendez ne fait pas un film, ni même une parodie de film, mais une réminiscence de souvenir de film. Le Couvent, c'est de la copie de copie de copie, de la parodie de parodie de parodie. Tellement délavé que les images n'imprègnent pas la rétine, ne provoquent aucune réaction, tout juste la vague sensation de parcourir distraitement un vieux Mad Movies jauni et écorné lorsqu'il publiait les photos ringardissimes de séries Z inédites que l'on ne verrait sans doute jamais. Des images qui ont créé une sorte d'inconscient collectif, de faux souvenir flou qui aboutit aujourd'hui à ce qu'un authentique navet de cet acabit soit encensé et célébré comme un fleuron du genre.



Le Couvent est ennuyeux (30 minutes de remplissage nulles à hurler pour un film d'une heure vingt, c'est énorme !), mal foutu, plat. Son argument est mal amené, tout juste exposé, sans même que sa propre stupidité soit exploitée d'une manière humoristique (ce que faisait pourtant Dan O'Bannon dans Le Retour des Morts Vivants). Ce bâclage nous amènerait immédiatement dans le feu de l'action, encore... Mais il ne se passe rien, l'humour tombe presque tout le temps à plat, la formule est définitivement éculée, épuisée. Mendez n'a pas la moindre idée , pas de commencement d'invention, pas d'embryon d'amorce de tentative de faire quelque chose d'original. Filmer la conversation interminable de deux filles dans le besoin depuis l'extérieur des chiottes semble être pour lui le summum ultime de l'audace scénaristique et visuelle.

Mendez a un talent : choisir sa bande originale. Si les scènes d'action suscitent une réaction nerveuse du spectateur, ce n'est ni pour le montage syncopé, ni pour les éclairages verts/bleus/rouges dégueux, ni pour les maquillages inachevés (les oreilles des zombies respirent la santé) ou le gore fluo, mais uniquement pour la musique. Couplée avec un son tonitruant et assourdissant (du même niveau que Le Pacte des Loups pour l'agression auditive), elle nous maintient attentifs jusqu'à la fin. Mais coupez le son et c'est dodo dans les trente secondes. Dieu merci, cela nous épargnerait aussi les dialogues d'acteurs cabotinant comme des pieds.

Si on met bout-à-bout les répliques drôles (dont celle qui sert de titre à cet article), les plans biens vus, la guest star ridée (Adrienne Barbeau n'est plus l'égérie de Carpenter, c'est la nouvelle Annie Girardot), les images bien torchées et les idées surprenantes, on obtient un court-métrage de quatre minutes qui aurait remporté à l'aise les concours de vidéo super 8 d'il y a quelques années. Le public et la critique doivent être tellement à l'affût du moindre film pseudo-fun, la cinéphilie crie à ce point famine qu'on verrait bien aujourd'hui les vieux machins de Fred Olen Ray et Jim Wynorsky sortir sur les écrans avec un bon accueil. Richard J. Thomson doit être dégoûté, lui qui fait à peu de chose près la même chose et rêve sans doute d'être un jour vu par plus de mille personnes.

Le Couvent ne vaut rien.

Denis Brusseaux

  

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  Note des Lecteurs
jive j'aurais pas dit mieux 1    25 nov
 


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8.9/10
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