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CINE : LEONERA

CINE : LEONERA

Tout sur LEONERA - La Critique - Photos - Le 2008-05-16 12:28:30


Ce matin là, Julie se réveille le corps couvert de sang, deux hommes étendus prés d'elle, elle ne se souvient pas de ce qui s'est passé exactement, excepté qu'elle s'est défendue. Accusée, elle est incarcérée, elle n'a que 26 ans et elle enceinte. Elle donne quelques mois plus tard naissance à un petit garçon, Thomas, qui va lui apporter d'incroyables moments de bonheur, lui donner envie de se battre, de survivre, mais condamnée à 10 ans de prison, elle sait qu'elle ne pourra pas le garder auprès d'elle, qu'il lui sera enlevée dès ses quatre ans. Lorsque sa propre mère s'arrange pour lui ravir son enfant avant qu'il ait atteint cet âge, bouleversée, elle se révolte et va tout mettre en oeuvre pour le retrouver.

LEONERA
Un film de Pablo Trapero
Avec Martina Gusman, Elli Medeiros, Rodrigo Santoro
Durée : 1h53
Sortie indéterminée

leonera

Un film très fort, poignant, porté par une excellente comédienne qui, sans jamais sombrer dans l'exagération, campe avec finesse la douleur de cette femme, de cette mère. On ressent physiquement son déchirement lorsqu'elle se retrouve enfermée derrière des barreaux, lorsqu'elle se retrouve séparée de son fils, on le ressent intimement, profondément car elle le joue simplement, sincèrement et le cinéaste arrive à saisir avec une incroyable profondeur ses émotions les plus enfouies, sans qu'elle ait besoin de trop les marquer. Peut-être est-ce parce qu'il filme ici sa propre femme qu'il arrive ainsi à en percer avec une telle intensité, quasiment dépouillée, les fêlures, les blessures, les pulsions qu'elle dissimule au fond d'elle-même, qu'elle exprime discrètement. Une discrétion soudainement rompue par un cri de désespoir tranchant, brutal, qui nous glace, nous tétanise.

leonera

Pablo Trapero transcende ses émotions, ses angoisses en la plaçant dans un univers d'une sordide noirceur, celui d'une prison et de ses murs gris et sales, que ces femmes tentent d'égayer en y accrochant des dessins d'enfants, des photos. Alors que les conditions d'enfermement sont peut-être plus souples dans cet établissement accueillant de jeunes mères, quelques séquences venant d'ailleurs illuminées de façon inattendues ce récit, certaines images choquent néanmoins terriblement, celle de ces femmes conduisant leurs enfants à la crèche, poussant des poussettes derrière les barreaux le long d'un couloir dénudé, celle d'un enfant se balançant sur les grilles derrière lesquelles il s'amuse. Le regard du cinéaste est tranchant, sans aucune fioriture, il filme la réalité et en ce sens au-delà du cheminement désespéré de son personnage, son film se rapproche du documentaire. On en ressort troublé, et par l'histoire et par le jeu de Martina Gusman qui mériterait d'être récompensée, au même titre que Julianne Moore pour Blindness, la compétition s'annonce rude.

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