
AFTERSCHOOL
Un film d'Antonio Campos
Avec Ezra Miller, Jeremy White, Emory Cohen
Durée : 2h02
Date de sortie : 12 novembre 2008

Robert, étudiant américain dans un prestigieux cours préparatoire de la côte Est, filme par hasard la mort tragique de deux camarades de classe. Leurs vies deviennent le sujet d'un projet audiovisuel conçu par la direction pour accélérer le processus de deuil collectif. Mais ce projet crée une atmosphère de paranoïa et de malaise parmi les étudiants et les enseignants.
Qui n'a jamais passé des heures entières à observer d'un oeil plus ou moins attentif les nombreuses vidéos qui grouillent sur internet ? C'est en effet une activité extrêmement répandue chez les jeunes d'aujourd'hui. Le film s'ouvre donc sur des extraits de petits films trouvés sur la toile, mais pas n'importe lesquels. Dès les premières images, le spectateur se retrouve pris au piège. Le petit bébé qui rit et se cogne provoque un amusement dans la salle, mais sans aucune transition arrive Saddam Hussein exécuté par pendaison, et là c'est le silence absolu. Ces images très dures couplées avec des choses beaucoup plus légères interrogent, la vie et la mort sont devenues complètement banalisées par internet, regarder des gens crever devient un divertissement ou un défi, et enferme l'esprit dans une passivité dangereuse.

Antonio Campos s'attarde sur le personnage de Rob, évoluant seul, autour de deux autres jeunes gens : son amie Amy et son colocataire Dave. D'autres adolescents peuplent l'espace tels des fantômes, des âmes solitaires et introverties. Personne ne se connaît, personne ne se parle, on ne fait que se croiser. Et c'est là dessus que repose toute la dramaturgie du film, on ne peut en aucun cas parler de scénario construit et bouclé. Comment ces êtres vont-il arriver à se trouver ? A se construire ? Le personnage principal se perd entre ses désirs sexuels, sa curiosité artistique, son envie d'être accepté et compris. Et c'est avec beaucoup de pudeur que le réalisateur fait évoluer ce jeune homme dans cette jungle, grâce à une mise en scène extrêmement minutieuse se balançant entre des cadres parfaits et une liberté totale des actions des comédiens. Les acteurs, tous parfaits dans leur simplicité, ajoutent une vraie force aux personnages, ainsi qu'une dimension très réaliste.









































