
LES FILMS QUI FONT DORMIR OU SORTIR DE LA SALLE
Tout sur LE PACTE DES LOUPS - La Critique - Photos - Le 2008-05-23 04:05:47
LE PACTE DES LOUPS
J'attendais beaucoup de ce film. J'avais aimé Crying freeman et j'aimais en général l'inspiration protéiforme de Christophe Gans, puisant dans le manga, le jeu vidéo, sortant des poncifs formels qui collent aux basques de beaucoup de productions françaises. Cela promettait un film d'époque assez dynamique et inhabituel. De plus, l'histoire de la bête du Gévaudan est intéressante car elle est un véritable conte horrifique et cauchemardesque, qui cristallise pas mal de fantasmes et de peurs ancestrales. Or l'ennui au cinéma se mesure, en ce qui me concerne, à une irrésistible somnolence, une sorte de réflexe de défense narcoleptique contre lequel il n'y a guère de remède. Heureusement, lorsqu'on est curieux d'à peu près tous les cinémas, ça arrive assez rarement. Excepté là. Il y a des moments où vous vous dites : « Reste éveillé, suis l'histoire, rentre dedans, adhère comme le spectateur de bonne volonté que tu as coutume d'être ». Or là la sauce ne prenait absolument pas. Malgré les scènes d'action nombreuses, les costumes fastueux, les rebondissements, les damoiselles en détresse, les combats de cape et d'épée mâtinés de kung-fu, on ne parvenait pas à accrocher. La principale qualité d'un film est l'empathie. On va s'identifier aux pérégrinations du héros, aux contorsions de l'intrigue, aux références du réalisateur, au casting. Il y a toujours un élément pour capturer votre attention, un point de non retour qui vous fera dire un « j'aime » ou un « j'aime pas » aussi catégorique qu'arbitraire. Peu de films provoquent l'indifférence : un grand « je m'en fous ». Et là, devant la multiplication des rebondissements, des acteurs réduits à des personnages fonctions qui ne laissent aucune place à la profondeur psychologique ou à la nuance. L'intrigue était de plus tellement alambiquée qu'elle finissait par vous perdre (de ces histoires avec un twist final obligatoire). Oui, j'avoue, j'ai piqué du nez. Parce que l'ensemble, animé pourtant de louables intentions, sonnait creux et enchaînait les clichés. Ce genre de rendez-vous manqué fournit toujours des souvenirs de cinéma assez pénibles (ou peut-être suis-je simplement passé à côté ?).

SLEEP de Andy Warhol
Quand un film invite volontairement le spectateur à plonger dans les bras de Morphée
Lorsqu'on évoque "les films qui font dormir" la plupart de nous avons vécu cette expérience. Le plus souvent, elle est liée au degré d'intérêt du film qui défile sous nous yeux, celui-ci ne parvenant jamais à nous inviter au voyage dans le 7ème art ; ou bien pour d'autres, cet égarement dans la somnolence est lié à un copieux repas qui réclame une attention particulière à l'organisme pour la digestion ; ou tout simplement la raison incombe à une fatigue excessive liée à une nuit courte et réjouissante. Mais rares sont les films qui jouent volontairement avec l'endormissement et plongent le spectateur dans une torpeur quasi hypnotique. Sleep de Andy Warhol en fait partie, à plus d'un titre. Plus qu'un film, Sleep est une véritable expérience réalisée par le génie du pop'art. Pour ceux ou celles qui n'ont pas encore goûté à ce mets cinématographique, sachez qu'il invite le spectateur à partager 6 heures du sommeil de John Giono, un homme qui nous est présenté sous toutes les coutures, dans le plus simple appareil. Un film totalement conceptuel et extrême dont l'attrait principal joue sur le phénomène de somnolence et d'endormissement. Warhol nous plonge littérairement dans un état second : devant l'image du corps de John Giono, on est transi, comme pris à la fois par la légèreté du dispositif technique et pesant par la lancinance et l'inertie de l'image de l'acteur qui dort profondément. La torpeur s'empare inexorablement du public même le plus aguerri. Pire, au milieu du film (au bout de 3 heures tout de même) on a l'impression étrange d'avoir plusieurs séquences qui se répètent...On ne sait pas si c'est le fruit de notre imagination ou bien Warhol qui se joue de nous ? Le voyage dans l'image s'avère être un voyage intérieur envoûté par les images de ce corps nu, cartographié inexorablement plan après plan. Hormis une respiration lente et silencieuse, il ne bouge jamais, ou presque. Et lorsque l'on aperçoit un frémissement de paupière, une tête qui vacille, on est presque ému et fier d'avoir réussi à garder les yeux ouverts pour admirer ce spectacle pittoresque, contrairement à la rangée entière au milieu de laquelle on est assis....
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CINE : INLAND EMPIRECondensé des cauchemars de David Lynch, INLAND EMPIRE (qu’il faut impérat... | ||
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