Amoureux de la péloche qui décroche, bonjour! Et bienvenue dans Popcorn Reborn, votre rubrique pacifiste et baba cool adepte de la communion inter genres, des rassemblements culturels utopistes et radicalement dénonciatrice des comportements bellicistes. Vous l'aurez compris, et pour beaucoup il y a bien longtemps maintenant, votre rendez-vous hebdomadaire est placé sous le signe de la déconnade et du second degré et il serait dommage d'interpréter de malheureuses provocations servant le film choisi pour paroles d'Évangile et déclarations de guerres vaines et gratuites vers un cinéma aux allures peut être plus cérébrales mais qui n'en n'est pas moins un moyen d'expression comme un autre que nous ne voudrions surtout pas retirer ou discréditer... Au contraire, votre serviteur possède la réelle volonté et le solide espoir de voir un jour le cinéma de papa et le cinéma bourrin, comme certains les surnomment, marcher ensemble main dans la main vers des lendemains plus beaux et plus ensoleillés ou le public sera tiraillé sans honte aucune entre aller voir le nouveau
Renny Harlin et le nouveau Carax, entre le nouveau Besson et le dernier des frères Dardenne... Qui sait? Peut être verra-t-on même un jour Ozon demander à Rodriguez qu'il lui réalise une scène dialogue entre un sourd et un muet, et peut être aurons nous la chance de découvrir une série anthologique, sorte de Masters of Movies, qui rassemblerait Annaud, Gus Van Sant, Josée Dayan, Scorsese,
Michael Bay,
Kim Chapiron et
Steven Spielberg...? Après tout, le cinéma est une grande famille et n'ayons pas honte de préférer que ça pète au lieu d'assister à des scènes passives, l'inverse étant parfaitement acceptable. Ne voyez donc pas dans ce petit laïus un quelconque justificatif des mots qui furent soigneusement choisis la semaine dernière- bien que mes excuses viennent assez logiquement aux esprits les plus étroits- mais acceptez le surtout comme une introduction pour le film choisi cette semaine qui, lui, ne fait aucun cadeau, ni à ses fanatiques, ni à ses (rares) détracteurs, et qui malgré son appartenance au genre si vaste qu'est la science fiction reste une magnifique oeuvre appelant à la réflexion sur fond de hurlements et d'explosions. Bien sur l'envie de disserter des heures avec vous sur une oeuvre possédant à la fois les caractéristiques du cinéma « noble » et les codes du film de genre m'a bien évidement frôlé le réservoir à neurones l'espace d'un dixième de seconde, mais le titre initialement choisi (Les aventures de Ford Farlaine) semblait beaucoup trop complexe par les idées qu'il véhicule pour que votre serviteur ne tente quoi que ce soit... Aussi a-t-il donc décidé de se rabattre sur ce fabuleux Screamers,
Planète Hurlante in french, qui se place finalement assez logiquement dans notre série puisqu'il couve dans ses rangs le bien aimé
Peter Weller dont nous avons déjà croisé la route la semaine dernière dans notre retour sur le super couillu
Robocop 2, mais surtout parce qu'il possède la même thématique que celle qu'a réveillé la micro polémique de la semaine dernière à savoir celle de deux camps ennemis qui aspirent à la même chose mais qui malheureusement ne se comprennent pas toujours... Malheur, malheur! Comment tout cela va-t-il finir! Heureusement tout cela n'est que du cinéma!

Planète Hurlante! Là, les passionnés de bobines bis aussitôt ont sorti leurs notes et s'apprête à demander réclamation. Popcorn Reborn ne s'est il pas présenter comme une rubrique dédiée au cinéma 80's? Que fait donc alors le film de
Christian Duguay dans ces colonnes alors même qu'il fut réalisé en 1995? Et bien tout simplement parce qu'il serait dommage de se bloquer dans un carcan et que d'ouvrir un peu les parenthèses avant et après nous permettra de parler dans les prochains épisodes de films monstrueux et particulièrement riches tels que Au revoir à jamais ou encore quelques Corman bien sentis... Et, pour revenir à Planète Hurlante, autant le reconnaître d'emblée: il s'agit bien d'un film du samedi soir, d'un vrai film pop-corn qui fait à la fois dans l'extraordinaire et dans le réfléchi, fun tout en restant sérieux et qui surtout s'octroie tous ce qu'il y a eu de meilleur dans les b-movies des années 80 et ce à commencer par ce cher Weller. Rappelez vous aussi de cette fabuleuse affiche ultra kitsch sur laquelle on pouvait découvrir trois soldats emmitouflés dans des combinaisons polaires, usant de fusils mitrailleurs et de lance-flammes pour éliminer un ennemi invisible, sur fond de ville usine enneigée, montée au milieu des montagnes et s'illuminant sous une nuit étoilée nous dévoilant à la fois deux lunes mais aussi un vulgaire insert de bestiole squelettique et mécanique. A cela ajouté une phrase d'accroche bien pensée style « En 2078, le danger peut avoir tous les visages » et le tour est joué! Au moins une vhs de vendue, car oui Planète Hurlante eu les joies, malgré sa jeunesse toute relative, de connaître les dernières années de l'exploitation par vidéocassettes. Et pour les plus indécis, pas plus excités que ça de voir Weller bousiller de la créature robotique, un atout de taille a été ajouté: « Par l'auteur de
Blade Runner et de
Total Recall »! Impossible de ne pas s'emparer du boîtier, de ne pas passer en caisse et, arrivé chez soi, de ne pas tenter d'ouvrir le boîtier avec spasmes pour faire gober le film au monstre diffuseur.