CINE : THE PLEASURE OF BEING ROBBED
Tout sur THE PLEASURE OF BEING ROBBED - La Critique - Photos - Le 2009-04-28 13:16:57Gregoire Couvert 9
THE PLEASURE OF BEING ROBBED
Un film de Joshua Safdie
Avec Eleonore Hendricks, Joshua Safdie...
Durée : 1h10
Le film conte les péripéties d'une Eléonore qui ère dans les rues d'une ville inconnue, inconsciemment à la recherche de rencontres. Cela émane d'une réelle curiosité avant d'être une envie de dérober, cette jeune femme ne peut pas s'empêcher de voler les choses qui se trouvent sur son passage...
Bien loin des premiers clips de Jefferson Airplane ou des Grateful Dead, The Pleasure Of Being Robbed est pourtant un vrai film trip post-soixante-huitard. Evoquant parfois le chef d'oeuvre de Vincent Gallo qu'est The Brown Bunny par son aspect granuleux, abstrait, ses lumières sous-exposées, son manque de moyens et sa profondeur ; le film de Joshua Safdie parle également d'une errance, mais de l'errance d'une jeune femme. Et là où Gallo teintait son récit d'une profonde mélancolie, Safdie se démarque de toute dimension emprunte de spleen et met en scène une fille paumée certes, mais atteinte d'une incroyable joie de vivre et possédant une liberté d'existence à laquelle chaque être sur terre aimerait parvenir un jour. Cet objet contemplatif évoque donc quelques jours dans la vie d'Eléonore et offre un regard à la fois tendre, naïf, subtil et intelligent sur les déambulations de cette dernière. Passant de longues heures à se promener dans la rue ou dans des bars, elle dérobe de petites choses aux gens qu'elle croise, des fragments d'existence, photos, livres ou objets personnels. Mais elle le fait avec humour, en donnant un coup de main ou même lors d'accolades. Bien entendu, son parcours ne se résume pas uniquement à cela. Entre rencontres inattendues et entretiens forcés, elle parvient cependant à toujours être heureuse et à saisir les onces de poésie qui s'évadent de chaque situation.
Si le metteur en scène réussit ici à rendre cette atmosphère onirique si particulière c'est grâce à cette ambiance à la fois intime, belle et surprenante qu'il crée avec brio grâce à sa caméra, sa comédienne et une utilisation quasi précaire de la lumière. Et même si le film frôle parfois l'amateurisme, certains plans paraissent d'ailleurs pris à la volée, cela ne le rend que plus poignant et renforce le mérite du réalisateur. Cela prouve encore une fois qu'avant d'être une grosse entreprise à but lucratif le cinéma est avant tout un art qui s'exerce avec une âme et une caméra (oui Monsieur Joseph Morder nous allons quand même laisser les téléphones portables de côté...).




























