
CINE : RENDEZ-VOUS A PALERME
Tout sur RENDEZ-VOUS A PALERME - La Critique - Photos - Le 2008-05-27 11:35:33
Kevin Dutot 1
RENDEZ-VOUS A PALERME
Un film de Wim Wenders
Avec Campino, Giovanna Mezzogiorno, Dennis Hopper, Lou Reed
Durée : 2h
Date de sortie : Prochainement
Un photographe de mode, Finn, également professeur à l'université, est victime d'un accident de voiture (qui n'en est pas un) dont il ressort indemne. Après une brève conversation avec un clochard, Finn commence à se poser des questions sur la vacuité de son existence et décide de partir pour Palerme afin de prendre des photos « vraies » de Milla Jovovich enceinte... Il décide alors de rester sur place et rencontre une jeune femme, restauratrice d'oeuvres d'art. Il est également poursuivi par un étrange tireur à l'arc affublé d'une soutane à capuche en grosse laine.

On en attendait peut-être un peu trop du nouveau Wim Wenders. Le synopsis prometteur, la présence de Dennis Hopper, un cinéaste européen des plus fascinants et un décor idyllique avaient réussi à faire monter la sauce et tout Cannes attendait le retour d'un Wim en grande forme. Sa capacité à nous faire découvrir de grands espaces et ses thèmes de prédilection ont toujours réussi à créer des oeuvres entières et passionnantes sur la crise d'identité et la quête de soi. Ici, dès les premières minutes, c'est le désastre... La faute à un personnage principal campé par un chanteur de groupe de rock allemand autant figé dans ses expressions que physiquement antipathique. Taillé en V, avec un regard d'italien en rut et aussi touchant qu'un chien de faïence, Finn n'est pas le personnage complexe et habité que l'on aurait aimé suivre. Alors forcément, quand il se lance sur les traces de lui-même dans l'espoir de trouver une forme de rédemption, un rachat de sa vie dissolue, le spectateur a déjà laché l'affaire. Et ce ne sont pas les rêveries foireuses boostées à renfort d'effets spéciaux très new age qui vont nous éveiller de ce cauchemar.
Wim Wenders, entre fiction et réalité, perd les pédales dans les méandres d'une pensée digne de la dianétique. Evoquant Le Septième Sceau, le génie en moins, la réprésentation métaphorique de la mort tourne très vite au ridicule et lorsque dans une rencontre impropable entre la grande faucheuse et sa victime la petite conversation tourne au téléachat pour appareils numériques, la faux fait son effet. Fou rire assuré donc, notamment lorsque Dennis Hopper armé d'un sérieux indétronable nous la fait avec beaucoup d'humour : « pourquoi je dois toujours être le méchant dans l'histoire ? ». Formidable. On en redemande... Au-delà du déastreux scénario et de sa composition aussi tordue qu'inutile, Palermo Shooting effraie par sa capacité à se tirer dans le pied. Réunissant tous les mauvais éléments et enchaînant les faux pas avec une dextérité incroyable, le film s'enfonce dans une pathétique démonstration de mise en scène à peine suffisante pour cacher le vide du récit. Car on ne nous la fait pas, ce n'est pas en multipliant les longues scènes de dialogue que l'on pourrait croire une seule seconde que des choses importantes sont en train de se dire... A l'instar de l'apparition en hologramme de Lou Reed qui vient nous raconter le sens de la vie au son des Velvet Underground ! Lou, fuis. Vite.

Bref, Wim Wenders n'est plus. En tout cas pas cette année. S'étirant sur la longueur, ne parvenant jamais à suivre les bonnes pistes de son histoire et plombant l'ensemble avec un choix de casting absolument effarant, le cinéaste se plante littéralement et nous sert une soupe nauséabonde dont seule la photographie parvient à tirer son épingle du jeu. C'est mieux que rien mais on aurait aimé rencontrer un Wenders plus en forme cette année sur la croisette et moins enclin à la propagation d'idées douteuses, à peine compréhensibles. Si vraiment vous insistez et persévérez, prenez un ecsta. Par pure précaution.
Kevin Dutot
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