
RUBRIQUE JEUNESSE : TOM ET LE PETIT RENARD & GRAND NATIONAL
Tout sur TOM ET LE PETIT RENARD - Photos - Le 2008-05-28 03:16:00TOM ET LE PETIT RENARD
Titre original Kogitsune Helen, de Keita Kono
Scénario : Masako Imai
Distribution : Arashi Fukazawa, Takao Osawa, Yasuko Matsuyuki
Durée : 1 h45
Langues VF et VO, sous-titres français
Suppléments : galerie photo et bandes annonces

Taichi a sept ans. Sa mère célibataire l'a laissé le temps d'un reportage photo chez un vétérinaire à l'apparence bourrue auquel elle espère se marier à son retour. Elle y voit une occasion pour le jeune homme d'apprivoiser ce gamin un peu fantasque et triste ; la précision n'est pas anodine, tellement le scénario nous pousse à établir des parallèles entre la vie du petit garçon et celle de la renarde qu'il découvre un jour au bord de la route, à son retour de l'école. « Toi aussi, ta mère est partie vivre sa vie ? », lui dira-t-il ce jour-là. Il est difficile d'imaginer qu'un enfant normalement éduqué ne puisse lui aussi s'identifier à ce jeune amoureux de la nature.

Mais la petite renarde se révèle différente des autres. Elle est sourde et muette. Et contre l'avis du vétérinaire qui suggère l'euthanasie, Taichi ou Tom dévide de l'aider à guérir ; une opération sera même imaginée. A force d'insistance et d'ingéniosité, Helen, que le petit nommera ainsi en souvenir d'Helen Keller, cette jeune fille avec laquelle une psychologue avait réussi la première à communiquer, donnera quelques signes d'amélioration ; un jour elle acceptera de laper quelques gouttes de lait, une autre fois elle réussira à glapir, pour appeler celui qui est devenu comme sa mère. Mais dans son enthousiasme et son obstination le petit dresseur ne sera jamais la victime de ses illusions. Et il préparera son amie à une mort sereine en lui apportant les toutes premières fleurs de l'été naissant.

Au-delà du thème, qu'on retrouve finalement dans beaucoup d'histoires, y compris dans le beau livre de Michel Bataille, l'Arbre de Noel, repris au cinéma par Terence Young, (où un père offre à son fils Pascal une fin merveilleuse, entourée de loups, dont il avait fait son animal fétiche, au-delà de la beauté des images, et du jeu maîtrisé des principaux acteurs, ce film-là, à ne pas confondre avec Le renard et l'enfant de Luc Jacquet, un film plus nettement documentaire, vaut pour les nombreux prolongements à faire, sur le sens de la vie, sur l'intelligence non-verbale, sur le mélange des émotions, mais aussi, par exemple et pourquoi pas, sur l'importance de la photographie dans la vie moderne.

Ce film évite le pire du mélodrame larmoyant. Sans doute est-ce dû à la retenue du réalisateur, dont l'écriture cinématographique est sobre, réaliste comme toute poésie devrait l'être.
Note 9/10
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