

L'entretien dirigé par le journaliste de Marianne Philippe Petit n'est pas très long, environ 32 minutes, mais il s'avère être tellement enrichissant et passionnant qu'il serait dommageable de ne pas revenir dessus. Évidemment, l'entretien est dirigé essentiellement sur la traque de Klaus Barbie, un cas parmi tant d'autres anciens criminels ayant réussi à échapper aux condamnations qui pesaient sur eux. Condamné deux fois par contumace en France, Barbie a pourtant bénéficié directement dans l'après-guerre de la protection des Américains qui l'enroulèrent dans les services secrets de l'O.S.S. afin de lutter contre les communistes. Il a vécu ensuite tranquillement dans la cordillère des Andes au nez et à la barbe de tout le monde. C'est à ce moment précis que la traque des époux Klarsfeld se mit en branle.

Le plus surprenant c'est d'apprendre que de nombreuses personnes savaient où il vivait, mais personne, pas même les pays victorieux, n'avait entrepris quoi que ce soit pour chercher à l'attraper. De plus, Serge Klarsfeld explique qu'ils n'ont jamais été aidés dans leur traque par les autorités françaises. Un comble ! À l'époque, elle refusait de faire pression sur le Pérou pour son extradition, cherchant plutôt à apaiser les tensions entre les deux pays en raison des essais nucléaires français se déroulant dans le Pacifique. Barbie put sans problème fuir vers la Bolivie en apprenant que Beat Klarsfeld était en chemin pour lui mettre la main dessus. Car comme elle le rappelle, la grande force de Beat était d'être une tête brûlée qui ne reculait pas pour mener à bien des actions périlleuses. Par ailleurs, elle a eu l'intelligence à chaque action entreprise de contacter la presse et ainsi de bénéficier d'une couverture médiatique. Même si la plupart d'entre elles furent des échecs, du moment qu'elles bénéficiaient d'une couverture médiatique, aux yeux du public, de la presse et des politiques, leurs actions avaient un impact.
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