
SUPER HEROS MOVIE
Un film de Craig Mazin
Avec Drake Bell, Sara Paxton, Christopher McDonald, Pamela Anderson, Tracy Morgan, Leslie Nielsen, Tracy Morgan, Craig Bierko, Marion Ross, Kevin Hart, Jeffrey Tambor, Ryan Hansen, Brent Spiner
Durée : 1h25
Date de sortie : 04 Juin 2008
Tout comme un certain Peter Parker, Rick Ricker est un lycéen pour qui l'expression « souffre-douleur » semble avoir été inventée. Orphelin vivant chez son oncle et sa tante, peu sûr de lui et martyrisé par les brutes de son lycée, il est consumé depuis des années par une passion pour sa jolie voisine, Jill Johnson, sans pouvoir néanmoins le lui avouer. Une situation qui va considérablement changer lorsque, lors d'une visite scolaire dans un laboratoire top-secret de recherches en génétique, une libellule mutante vient le piquer, lui léguant ses incroyables pouvoirs. Dès ce jour, Rick devient La Libellule, un super-héros combattant le crime non sans se départir d'une certaine maladresse. Quand arrive Le Sablier, un super-méchant aux pouvoirs terrifiants et mortels...

Premier constat qui fait plaisir : Super-Héros Movie, contrairement aux dernières parodies que nous avons vu fleurir ces dernières années, se concentre sur un sujet, une thématique unique. Ça n'a l'air de rien comme ça mais cela offre au film une réelle unité et, potentiellement, une histoire qui se tient. On ne sent donc pas le rapiéçage forcé entre différentes intrigues comme c'était le cas dans un Scary Movie 4 ou un Big Movie, dont les gags semblaient avoir été introduits de force pour caser le plus de références possibles. Ici, l'ensemble se créé dans une cohérence puisée majoritairement du côté du premier Spider-Man, qui rend la parodie finalement plus efficace. D'autant plus que les acteurs jouent sur un registre avec ce qu'il faut de sérieux (à ce titre, Drake Bell s'en sort plutôt bien dans le rôle du héros, même s'il est bien évident qu'il n'arrive pas à la cheville d'un Leslie Nielsen pour vous dire les plus grosses énormités avec le plus grand des sérieux) pour que se crée la rupture entre la source d'inspiration et la parodie. Pour que le gag ne soit pas seulement une bouffonnerie lancée sans raison mais bien le décalage d'une scène ou d'un personnage qui nous sont familiers.
Autre constat quant à cette familiarité nécessaire pour que la parodie fonctionne (bah oui : si l'on fait une blague sur quelque chose que vous ne connaissez pas, l'impact en sera forcément amoindri), le film évite plusieurs écueils qui ont sérieusement entaché le genre chez ses derniers représentants entre une influence du hip-hop - qui cible clairement un public "d'jeuns" quand, normalement, une parodie devrait s'adresser avant tout au cinéphile se trouvant en chacun de nous - et une autre venant de la télé-réalité. Ou quand la people-isation contamine la comédie, la pollue de références qui ne feront rire qu'un public encore bien loin de ceux qui se rendent dans la salle de cinéma pour voir leurs oeuvres favorites pastichées. Le second film de Craig Mazin ne nous déçoit pas sur ce plan, se concentrant au maximum sur les supers-héros de son titre même si, il est vrai, certains auraient gagné à être plus développés ou plus présents (voir si peu Pamela Anderson alors qu'elle porte un costume magnifique, c'est un comble !). Mais puisque l'on reste dans une thématique comic-book, la narration ne fait preuve d'aucun hors sujet trop gênant qui casserait la comédie.

Alors, bien qu'il soit largement inférieur aux chefs d'oeuvre éternels des Z.A.Z. (mais qui peut prétendre à les remplacer ?), ce Super Heros Movie en présente malgré tout une intéressante alternative qui évite le racolage des dernières productions du genre. On regrettera seulement que le film souffre d'un montage qui l'a dépouillé de nombre de gags qui auraient été autant de petits plus pour développer l'ensemble, l'étoffer un peu. A ce titre, ne quittez pas la salle une fois les lumières rallumées mais patientez un peu pour découvrir, au bout de quelques minutes, certaines de ces scènes coupées. Les stigmates d'un film qui se contentera d'être très sympathique quand, dans une version rallongée, il se serait montré carrément énorme.
Franck D.









































