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HARDCORE : L'EROTISME SELON RICHARD KERN

HARDCORE : L'EROTISME SELON RICHARD KERN

Tout sur HARDCORE - Le 2008-05-29 05:53:41


Maître de l'underground et du fétichisme new-yorkais, le réalisateur et photographe Richard Kern a signé dans les années 80 des petits films indépendants qui ressemblaient à du John Waters sans l'humour. La ressemblance provient d'une envie commune d'utiliser le mauvais goût. La différence, c'est que Kern l'utilise à des fins plus politiques. Depuis ses débuts, il veut transformer les perversions en tendances glamours, célébrer l'anormalité pour provoquer les bonnes moeurs et rendre compte d'un malaise abyssal. En somme, exposer les fêlures d'un tonton Sam sagement rangé dans son image policée. Dans les années 80, l'artiste a proposé une alternative roborative dans un système Hollywoodien longtemps avant Bruce LaBruce, Nico B & Rozz Williams et Harmony Korine. Ceux qui aiment le groupe Sonic Youth - pour lequel il a réalisé des clips - ne doivent pas se priver de découvrir son travail cinématographique. La bonne nouvelle, c'est que cette collection de films est désormais disponible en zone 2.


Le photographe Richard Kern n'a jamais caché son obsession pour la femme new-yorkaise qu'il a radiographié sous tous les angles possibles et imaginables. Cette fascination est née le jour où il est monté dans une voiture déglinguée en compagnie de jeunes New-yorkaises qui rentraient de Floride (moyenne d'âge: 16 ans). Sur le chemin, elles racontent leurs passades avec des stars. Silencieux mais observateur, Kern repère leurs coiffures excentriques, leurs pantalons en vinyle, leurs shorts lacérés et veut à tout prix les transfigurer par l'art. Peu importe si les filles qu'il a choisies ne répondent pas aux critères de beauté édictés par la mode: Kern va se charger de capter la beauté que personne ne voit et s'intéresser au feu intérieur. Grâce à son père qui a longtemps travaillé comme rédacteur en chef pour le canard local et qu'il accompagnait de nuit pour photographier des événements dans l'Amérique profonde, il a appris à transformer une boîte en appareil photo et utiliser la chambre noire. Grâce à lui, Kern va développer une tendance voyeuriste qu'il assouvira par la photographie (domaine dans lequel il est le plus connu) mais aussi dans les années 80 par le cinéma (domaine dans lequel il l'est moins).


Ce n'est qu'en 1983 que l'autodidacte Richard Kern commence sa carrière cinématographique, sous l'impulsion de Nick Zedd, un proche collaborateur qui avait déjà réalisé quelques essais remarqués (on lui doit The Bogus man, en 80). Avec seulement 5 dollars, il achète une caméra Super-8 et démarre en filmant ses amis face caméra qui blablatent pendant des heures. Kern diffuse ces expérimentations riches en personnalités (Lydia Lunch, Lung Leg, Cassandra Stark, Sonic Youth, Tommy Turner) pendant des concerts et des « acid parties ». De là découle un nouveau mouvement : le « Cinéma de la Transgression ». Un mouvement dont se revendique un certain Bruce LaBruce (No skin off my ass). Dans les films de Kern confusément tournés en super 8, 16mm et vidéo, à mi-chemin entre le porno et le gore, les personnages se shootent, se percent, s'entaillent, se cognent, violent, assassinent, « sadisent », « masochisent » et baisent pour de vrai. Ce sont les mutants provocants de l'Amérique Reaganienne. Lydia Lunch, qui deviendra sa muse, l'accompagne dans l'aventure ; Henri Rollins, son pote, aussi. Tous les deux en tant qu'acteurs. Ensemble, ils essayent de créer de nouvelles positions cinématographiques et veulent ostensiblement repousser des limites. Jim Thirlwell se charge de faire monter la pression avec une bande-son lancinante qui deviendra un élément clé dans l'univers de Kern.

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DOSSIER : BRUCE LABRUCE, CINEASTE TRASHDOSSIER : BRUCE LABRUCE, CINEASTE TRASH

Après avoir passé à la moulinette les clichés homos dans ses précédents longs mé...
 
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