
INTERIEUR D'UN COUVENT : NUNSPLOITATION PAR WALERIAN BOROWCZYK
Tout sur INTERIEUR D’UN COUVENT - Le 2008-05-30 15:00:56

Que ce soit dans Contes immoraux, La bête, Emmanuelle 5, La marge ou présentement Intérieur d'un couvent (chacun de ces films susmentionnés étant d'une qualité variable), Walerian Borowczyk a filmé, dans la seconde partie de sa carrière, la sexualité comme un sanctuaire de liberté où l'instinct bestial a plus d'importance que la théorie oiseuse. En son temps, il se situait quelque part entre les histoires d'eaux et les songes fantasmagoriques, caractérisé par ce refus tenace du tabou (la zoophilie dans La bête). Ces films constituaient de bonnes pubs pour le désir dans tous les états et avaient de quoi bousculer les consciences dans les années 70. A la manière de Pasolini qui avait célébré l'hédonisme dans Les mille et une nuits avant d'offrir l'antithèse terrifiante avec Salo, les 120 journées de Sodome, Borowczyk effectue la même démarche en filmant en l'espace d'un an un premier film érotique épicurien (Contes Immoraux) suivi d'un précipité malsain (La bête) selon des critères distincts. A chaque fois, ses qualités d'esthète et de narrateur l'empêchent d'être assimilé à un vulgaire pornographe. Dans Contes Immoraux, il empruntait la forme du film à sketches pour filmer le sexe à des époques différentes.


Le premier se situe dans les années 70. Fabrice Luchini incarne un jeune homme qui réclame une fellation de sa cousine, jeune, poilue et innocente. Preuve de la capacité de Borowczyk à faire monter le désir : Luchini explique le phénomène des marées montantes en même temps que la cousine prodigue la fellation. Le regard de l'actrice ne lâche pas le spectateur. Les trois autres sketchs qui parlent respectivement d'une sainte séquestrée par sa mère transposant son amour pour Dieu dans la masturbation frénétique, d'un vampire qui séquestre de fraîches paysannes et d'une famille en plein charivari érotique, impliquent une connotation plus religieuse. Ils sont composés comme des tableaux libres, préfigurant la folie baroque de Intérieur d'un couvent. En contrepoint, La bête, à l'époque bien malsain, aujourd'hui très drôle, raconte un fantasme zoophile en charriant les codes du fantastique. A sa sortie, en 1975, le film déclenche les foudres de la critique qui ne comprend plus l'évolution du cinéma de Borowczyk, lui qui avait si sagement commencé sa carrière avec Chris Marker et l'animation sophistiquée. Pourquoi s'autorise-t-il à fréquenter un genre de manière aussi perverse? Et pourquoi pas...
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