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FOCUS SERIE : WOMEN'S MURDER CLUB

FOCUS SERIE : WOMEN'S MURDER CLUB

Tout sur WOMEN'S MURDER CLUB - Photos - Le 2008-06-02 03:05:17


« Women's Murder Club » : tout est dans le titre. Des femmes, des meurtres, et un club. Ou, pour être plus précis, l'adaptation d'une série de sept romans policiers écrits par James Patterson (auteur du Collectionneur, et du Masque de l'Araignée, tous deux adaptés au cinéma avec Morgan Freeman dans le rôle principal), par ailleurs producteur exécutif de la série. Des best-sellers qui relatent les enquêtes d'un groupe de femmes, chacune membre d'une branche différente de l'appareil judiciaire américain, amies dans le civil, et utilisant leurs talents respectifs pour résoudre ensemble des meurtres à San Francisco. Dans la série, on retrouve ainsi ces personnages, un peu adaptés : l'Inspecteur Lindsay Boxer (Angie Harmon), enquêtrice aguerrie, célibataire endurcie, obsédée par une affaire de serial killer jamais résolue (le Kiss-Me-Not Killer), et troublée par la proximité de son ex, devenu son supérieur ; Jill Bernhardt (Laura Harris de Dead Like Me), substitut du procureur, partagée entre son compagnon et son amant ; Claire Washburn (Paula Newsome), légiste, mariée à un handicapé en fauteuil roulant ; et enfin Cindy Thomas (Aubrey Dollar, de Point Pleasant), une journaliste fouineuse, qui finit par intégrer à la fin du pilote ce « club » formé par les trois autres protagonistes.

women\'s murder club

Ces amies passent donc autant de temps à collaborer sur leurs enquêtes qu'à gérer leurs problèmes de coeur, aspect essentiel des ouvrages comme de la série. En effet, c'est bien sur ce côté « vie privée » que le show a été vendu, une manière de se démarquer de tous les autres procedurals, et d'attirer un public plus féminin devant le petit écran. Mais force est de constater qu'au final, la série est loin d'atteindre son but. Dès la première diffusion, on devine que de nombreux problèmes gangrènent sa production, confiée à Sarah Fein (The Shield), Brett Rattner (Prison Break, X-men 3, Rush Hour 1-3), Joe Simpson (papa de Jessica Simpson), et James Patterson lui-même. Le pilote présenté sur ABC n'a en effet plus rien à voir avec celui, beaucoup plus fidèle aux romans, proposé à la presse quelques mois plus tôt (et qui se terminait par la mort dramatique de Jill, libérant ainsi une place dans le club). Quasi-intégralement retournée, la version finale est radicalement différente : plus de Jill assassinée, mais une intrigue cousue de fil blanc, sans autre ambition que d'établir basiquement les personnages et leurs relations.

D'office, on remarque une réorientation qui, sur le long terme, sera dommageable à la série : alors que le repère évident du spectateur aurait dû être le personnage de la jeune journaliste (découvrant une à une les membres du club et leurs rapports), la production décide de faire du personnage d'Angie Harmon le référent du public. Une aberration d'un point de vue écriture, les scénaristes espérant ainsi naïvement que les spectatrices de la série s'identifient à une tough girl cynique, presque antipathique, à la vie privée inexistante, et qui débite de mauvais one-liners comme à la grande époque des années 80.

women\'s murder club

Angie Harmon est rentable aux yeux des producteurs et de la chaîne, et la série toute entière devient lentement un véhicule pour son personnage, le mettant en scène avec son partenaire Jacobi (excellent et sympathique Tyrees Allen), quitte à repousser parfois le « Club » au second plan. Ce qui n'est pas forcément un mal tant, dans un premier temps, l'équipe de scénaristes peine à trouver un ton juste : outre des affaires peu convaincantes, aux conclusions téléphonées par la culpabilité quasi-systématique de la guest-star hebdomadaire, le show commet de grossières erreurs de procédures (par exemple, à peine arrivée sur les lieux d'un crime, Boxer manipule à mains nues tous les indices !), repose sur des ficelles à peine voyantes (la journaliste devient ainsi une béquille narrative, qui sait toujours tout sur tout le monde, et amène invariablement l'information capitale qui débloque l'enquête), et opte, dans le registre « sensibilité féminine », pour des discussions à peine dignes de Sex And the City, sur les scènes mêmes des crimes !

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