LES FANTOMES MADE IN THAILANDE
Tout sur LE PENSIONNAT - La Critique - Photos - Le 2008-06-02 05:08:55
On ne compte plus la profusion de films fantastiques thaï, souvent à la lisière de la série Z, qui reposent sur la présence des esprits ('phii' en thaïlandais) et dans lesquels des personnages flippent des fantômes vengeurs ayant connu une mort violente. Ce qui est plutôt légitime pour une population largement bouddhiste. De ceux qui ont excellé dans ce registre folklo, on connaît surtout Nonzee Nimibutr qui a beaucoup fait parler de lui - en très bien - à la fin des années 90 avec Nang Nak. Ce film est basé sur le mythe d'une femme morte en plein accouchement qui cessa de tourmenter les humains lorsqu'elle eut l'assurance de retrouver son mari dans sa prochaine vie. La frousse est telle qu'à Bangkok, des citoyens viennent prier dans un temple qui lui est dédié. En Thaïlande, la croyance des esprits touche essentiellement les milieux ruraux (une fête des morts et des fantômes baptisée "phii ta khon" est célébrée dans la province de Loei au mois de juin).

Pour se protéger des dégâts physiques et des dommages spirituels, les Thaïlandais ont pour coutume de porter des amulettes, de se faire tatouer des symboles protecteurs ou de demander à des moines de les dessiner sur des feuilles de papier, des morceaux de tissu, des murs ou, encore, sur le tableau de bord des voitures. Le cinéma fantastique thaï a donc matière à exploiter des tonnes d'affaires secrètes et d'histoires de l'au-delà. Or, si de toute évidence le cinéma de genre local est empreint de cette spiritualité, les oeuvres du coin ont la plupart du temps une fâcheuse tendance à s'abîmer dans la série Z de bas étage. Si elle surabonde de films, la production fantastique locale reste dominée par des cinéastes comme les Pang bros (partis depuis aux Etats-Unis pour faire des remakes de leurs remakes), Nonzee Nimibutr et désormais Songyos Sugmakanas.
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