
ROY ANDERSSON : LE SURREALISTE VENU DU FROID
Tout sur A SWEDISH LOVE STORY - La Critique - Photos - Le 2008-06-04 04:39:55
Roy Andersson est un cinéaste qui prend son temps. Sept ans séparent Chansons du deuxième étage et son dernier Nous les vivants. Comme dans son précédent long métrage, le cinéaste y peignait une suite de tableaux vivants représentant un monde à l'agonie avec tout plein de personnages anonymes qui chantaient silencieusement la même mélodie du désespoir. Un programme neurasthénique qui en surface donnait envie de se foutre une balle dans le caisson. Or, ce poète humain, hanté par les spectres de Buñuel, Kaurismäki et Van Warmerdam, préfère toujours le rire à la grise mine. Aujourd'hui, son style est emprunté, pour ne pas dire assimilé, dans la pub - où il a exercé pendant près de vingt ans - ou au cinéma. Consciemment, le récent Norway of Life, de Jens Lien, reprenait les grandes lignes de Quelque chose est arrivé et Chansons du deuxième étage avec une prédilection prononcée pour les climats fantastiques et les paraboles Tarkovskiennes. A tel point que Nous les vivants, moins porté sur le mysticisme et plus inégal dans son alignement de beaux tableaux, a un peu déçu ses aficionados de la première heure. C'est pourtant une illusion d'optique.

Visuellement, le résultat reste très travaillé et une grande importance est accordée à la place des personnages dans leur environnement et leur façon de s'y déplacer. Comme dans ses précédents travaux - même s'il est aujourd'hui difficile de revoir ses deux premiers longs métrages (Une histoire d'amour suédoise en 70 et Giliap en 76) - il projette une force surprenante qui s'exprime à travers un discours extrêmement déterminé. Ce qui étonne n'est pas tant sa maîtrise de la rhétorique que son apparente capacité à manier avec la même aisance plusieurs formes d'expression très différentes. On ne voit pas ça tous les jours au cinéma. Bien que classique, A Swedish Love Story, son premier long métrage, reste une bonne expérience car Andersson a pu exploiter sans contrainte les codes de la narration classique (comprendre suivre des personnages d'un bout à l'autre, respecter une dramaturgie précise). Et c'est là qu'on perçoit le caractère farouchement indépendant d'Andersson : au lieu de céder à la redite mercantile, influencé par les distributeurs de l'époque qui voulaient lui donner des sommes d'argent pour réaliser une suite, le réalisateur déjà barré voulait tirer un trait sur ce premier essai et passer à autre chose: "Les différences de style ont commencé avec mon premier film, Une histoire d'amour suédoise, qui a très bien marché au box-office Suédois. Contrairement à Giliap donc qui reste mon oeuvre maudite. Les producteurs voulaient que je calque mon style sur ce premier long métrage et que je fasse des avatars en régurgitant des formules. J'ai refusé. Je sentais que j'avais été jusqu'au bout de cette narration classique. Il fallait que je change et que j'aille sur d'autres chemins."
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CINE : A SWEDISH LOVE STORY, DE ROY ANDERSSONA Swedish Love Story n’est pas le dernier mais le premier long métrage mé... | ||







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