

Sa rencontre avec Aurora (Mélanie Thierry bouleversante avec cette sensibilité à fleur de peau), un « colis » à livrer jusqu'à New-York, va troubler son existence faîte de sang, de morts, et de méfiance absolue des hommes.
La mise en scène de Mathieu Kassovitz fait preuve d'une belle efficacité tant pour filmer les décors dégradés de l'Est que dans la retranscription de la mégalopole new-yorkaise surpeuplée. Le travail photographique du fidèle Thierry Arbogast est remarquable pour capter des nuances colorées expressives sans être envahissantes durant les péripéties de Toorop et Aurora.
Dans le même ordre d'idée, la bande son joue habilement des cordes et des choeurs féminins alors que les compositions de RZA rythment judicieusement de leur présences les séquences musclées.
Le grand récit apocalyptique et fragile n'évite pas certains raccourcis scénaristiques trop évidents, une intrigue peut-être trop limitée (on en souhaiterait tellement plus !) et pourtant, il ne nous reste, en sortie de projection, que cette impression d'avoir vécu un fascinant voyage dans un film d'anticipation carré et efficace n'oubliant pas d'exhiber sa part de sensibilité trouble. Action-movie, sans doute (plusieurs séquences de combat à main nu se montrent plutôt jouissives), avec des thèmes abordés avec passion (clonage, religion, monde au bord de l'explosion ...). L'expérience vaut le coup d'être tentée.
Vincent Martini















































