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CLASSE / PAS CLASSE : AL PACINO

CLASSE / PAS CLASSE : AL PACINO

Tout sur LE PARRAIN - Photos - Le 2008-06-06 17:53:15


Il fait partie des légendes du cinéma, au même titre qu'un Robert de Niro ou un Morgan Freeman. Al Pacino entre dans cette catégorie d'acteurs qui n'ont besoin que d'apparaître à l'écran pour provoquer un soupir d'admiration dans l'assistance. Sa carrière, immense, et son talent, non moins impressionnant, valent évidemment bien mieux qu'un simple classe/pas classe, exercice sympathique et coutumier de la rédaction, mais un brin réducteur. Mais l'expérience était trop tentante et voici donc notre classe/pas classe (non exhaustif) consacré à Al Pacino.

Al Pacino

LE PARRAIN : CLASSE ULTIME
Le film de Coppola s'est définitivement imposé comme un classique, il va donc sans dire que notre regard sur lui est plus qu'élogieux. D'abord parce qu'il pose les bases d'une trilogie mythique, contant le destin et la tragédie à portée presque mythologique d'une famille et d'un personnage en particulier: Michael Corleone. Il impose également en 1972, les exigences d'une nouvelle génération de cinéastes (Scorsese, Coppola, De Palma, Lucas...) qui serait désignée plus tard comme celle du « Nouvel Hollywood », qui tenterait de s'émanciper des studios. Avec leur avènement, les rapports avec les producteurs deviennent conflictuels. La bataille de Coppola pour imposer un casting authentique est, elle aussi devenue légendaire. Après avoir imposé Brando de haute lutte, il veut un jeune acteur presque inconnu dans la peau de Michael Corleone. Al Pacino partage d'ailleurs au départ le scepticisme général et passe la première partie du tournage comme son réalisateur, avec la certitude qu'il va se faire virer d'un moment à l'autre et que l'on reviendra à un choix plus consensuel (Ryan O'Neal ou Robert Redford étaient pressentis à l'origine). Le personnage est d'ailleurs long à se révéler, très effacé par rapport aux autres, caractérisés d'une manière beaucoup plus marquée dès le début (La violence de Santino, la ruse de Tom Hagen, l'habileté de Don Corleone). Puis ce film devient le récit d'un éveil, Pacino impose avec raffinement la nature profonde, autoritaire et froide de Michael. Il s'agit de son éclosion. Progressivement, il précise ses contours et s'impose sur le devant de la scène, forgé par de terribles épreuves (la tentative d'assassinat de son père et la vengeance dont il se charge, la mort de sa femme en Sicile). A la fin du film, Al Pacino a imposé avec autorité et subtilité la force de ce rôle. Il est la grande révélation du film (parallèle à la belle renaissance de Marlon Brando) et sert à merveille son parti pris d'authenticité.

Al Pacino

LE PARRAIN 2 : CLASSE ULTIME (SUITE)
Après un premier volet tourné dans des conditions pour le moins houleuses, Coppola et son interprète principal reviennent en 1975 pour cette suite réalisée dans des conditions plus sereines. On retrouve Pacino en Don glacé et calculateur qui suit encore une progression notable au cours du récit. Il commence par être impitoyable et dur dans les affaires, voulant s'implanter et faire évoluer les affaires de la famille dans le Nevada. Puis il est victime d'une tentative de meurtre. Dès lors, il bascule dans une fureur sourde et constante, devenant un véritable tyran, froid, calculateur et cruel. Pacino, malgré sa carrure qui ne laissait rien présager de tel, devient positivement terrifiant, un homme qui abandonne tout sentiment pour ne devenir que colère et vengeance. Les face à face sont pétrifiants d'intensité, on sent que sa rage peut exploser à tout moment et que rien ne saurait l'apaiser, que ça soit contre son frère, Fredo, ou contre sa femme Kay. Pacino se laisse envahir par la paranoïa de son personnage. Les scènes avec les autres acteurs sont de véritables modèles de perfection, tant ils maîtrisent et investissent leurs rôles (Lee Strasberg et John Cazale, tout particulièrement qui composent des personnages extrêmement riches). Pacino et la retenue qui est sa marque, son art du minimalisme et de la suggestion (ainsi que ses explosions de rages soudaines) trouvent sans doute ici leur expression la plus emblématique. On a l'impression de ressentir la rage de Michael, par la force de ce regard immense, de cette voix presque toujours calme, presque monocorde (jusque dans la condamnation de Fredo où ce trait devient effrayant de cruauté). Il connaît également des éruptions de fureur rares et terrorisantes de violence (la dispute avec Kay). Le film rapproche pour la première fois Pacino et De Niro, qui suivent deux trajectoires contraires, dans une structure narrative complexe et admirable, mise en relief par le raffinement de leur jeu. Le Parrain 2 est un monument de maîtrise.

Al Pacino

LE PARRAIN 3 : CLASSE ULTIME (FIN)
Difficile de ne pas céder à la tentation de parler de la trilogie comme d'un tout. Pourtant chaque partie est très différente. La première est avant tout centrée sur l'éclosion de Michael, la seconde sur sa confirmation, son pouvoir, sa malédiction. La troisième est le récit de son châtiment, de sa rédemption impossible. Le propos est centré davantage sur la morale et la spiritualité (une partie de l'action se passe au Vatican). Le vieil homme poursuit son rêve de rendre sa famille enfin respectable. Michael apparaît ici rongé par le remords et la culpabilité (sentiments qui lui étaient étrangers au zénith de son pouvoir). En 1990, il y a une rupture de ton dans l'approche du personnage, une cohérence à retrouver, alors que beaucoup de temps s'était écoulé depuis le second film. Pacino surmonte la difficulté en faisant ressentir l'état de faiblesse de cet homme malade, gravement diabétique. C'est cet état de santé qui fissure d'abord son autorité, qui « l'attendrit ». Enfin il aime ses enfants et est proche de rendre légitimes les affaires de sa famille. Son impitoyable règne et la mission qu'il s'était assigné touchent à leur fin. Il peut se laisser aller à redevenir humain, à tenter d'exorciser ses vieux démons. La prestation de Pacino a un aspect presque tendre et nostalgique qui porte le film. Michael semble s'apaiser, envisager le repos, régler enfin ses comptes. Le final très opératique qui clôt le film, très expressif et très émouvant, raconte son échec: celui d'un être « au delà de toute rédemption » qui, tout au long de sa vie, aura perdu tout ce qu'il chérissait. Le cri muet qu'il pousse à la toute fin du film est une incroyable trouvaille (« brillant montage » reconnaîtra l'acteur, puisqu'il hurlait réellement pendant la prise), une image qui vous hante car on est certain que Michael a une attaque. La troisième partie réussit surtout à nous attacher à lui, à comprendre ses motivations et à s'en émouvoir (au contraire de la terreur qu'il inspirait à la fin du précédent volet). Même si cette conclusion est au départ pour Coppola, une obligation pour éponger ses dettes (après la ruine de son studio et les échecs commerciaux de ses précédentes réalisations), cette conclusion est belle et inattendue. Cette trilogie vous fait passer par tous les états et offre un rôle total à Pacino, absolument sans équivalent et incarné avec une maîtrise et une constance et inégalables. Ce triptyque apparaît donc également comme un monument à la gloire de l'acteur, au sommet de son art dans ces trois parties, qui lui permettent de composer un grand personnage et de le faire évoluer d'une manière spectaculaire.

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willhunting Pacino et moi :)    06 juin
danny_glover Heureusement que vous avez pas mentionné 88 minutes.    06 juin
danny_glover J'ai du mal avec L'Impasse et le personnage qu'il interprète dans Heat.    06 juin
MacReady Pour moi la Classe Ultime de Pacino c'est...    05 juin
Milas effectivement 2    05 juin
Kwisatz Haderach Effectivement    05 juin
popeyedoyle le plus grand    05 juin
delpiero971 Devil    05 juin
Furi0so En résumé.....    05 juin
 


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