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COUP DE COEUR DVD : OLD JOY

COUP DE COEUR DVD : OLD JOY

Tout sur OLD JOY - La Critique - Le 2008-06-05 09:25:36


Le cinéma américain, toujours fécond dans ses marges audacieuses, n'en finit pas d'étonner d'année en année avec ses fictions aussi justes qu'incisives. Tourné en 16mm avec un budget de 30 000 dollars (soit trois fois rien), le fragile et si beau Old Joy marque le second passage derrière la caméra de Kelly Reichardt. Cette cinéaste au tempérament trempé confronte deux hommes à leur amitié révolue dans une nature silencieuse, témoin secret d'une chute lente et sourde. Il ne se passe pas grand-chose pendant toute la durée du film et pourtant, il ne faut pas croire qu'il s'agisse d'une nouvelle démonstration de savoir-faire dans la transcendance du néant. Dans les non-dits, les regards, les gestes, des sentiments infinitésimaux, que l'on a tous éprouvés une fois, circulent sans crier gare. Quelques pistes mettaient immédiatement en confiance sur le cas de Kelly Reichardt : elle a collaboré avec Todd Haynes sur le triptyque Poison et officié en tant que costumière et actrice pour Hal Hartley sur L'incroyable vérité. Depuis, elle a réalisé un beau Wendy and Lucy, présenté hors compétition au dernier festival de Cannes. En attendant, succombez à Old Joy. Pour peu que vous aimiez les road-movie désespérés, la mélancolie indescriptible des moments de solitude et, surtout, entendre ces mots sur lesquels on achoppe, il va vous confronter à l'état de grâce. Le vrai. Haute intensité lors de sa vision en salles. Puissance de portée intacte lors de la revoyure en zone 2.

old joy

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Ne pas s'attendre à un uppercut pyrotechnique: Old Joy est un film minuscule sur des thèmes majuscules qui joue en permanence d'une modestie et d'une sensibilité qui, à partir d'un matériau a priori banal, se transcendent en une sorte de superpouvoir originel de mise en scène. Et non, Old Joy n'a rien à voir avec le terrassant Old Boy, de Park Chan-Wook qui carburait, lui, à deux cents à l'heure pour dynamiter une tragédie Shakespearienne ketchup. Hors sujet. Pour ceux qui ne le sauraient pas, ce trésor est sorti dans les salles françaises l'an passé dans un anonymat estival du genre honteux. Sans votre curiosité, ce film, pudique et sensible, risque d'être condamné à l'oubli. Or, ce serait se priver de l'un des meilleurs films indépendants US de ces dernières années qui tient à la fois du point de non retour, du voyage chtonien à destination inconnue entre ce que l'on a été et ce que l'on aimerait être (ou ce que l'on restera), de la quête affective entre peur de l'autre et nécessité de se rapprocher de l'humain pour ne pas crever seul, comme un chien. Enracinement dans le réel, sensibilité de chaque instant, pertinence du style et de la direction d'acteurs, le film porte l'empreinte d'un auteur au talent singulier.

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Dans le scénario, trois fois rien. Kelly Reichardt perd juste deux potes de longue date dans une forêt de l'Oregon : Mark, la trentaine (Daniel London), dont la copine est enceinte, qui emprunte la voie du conformisme douillet et Kurt, hippie cool, marginal dans l'âme et ado dans sa tête, partent ensemble en virée forestière pour camper au clair de lune, rechercher des sources chaudes pour se baigner et se perdre une dernière fois avant de peut-être ne plus jamais se revoir. Ils croient se connaître sur le bout des doigts, ils ont changé. C'est beau et triste comme du Jarmusch. Nourrie d'éléments minimalistes (l'eau, la forêt, le feu), cette chronique au temps suspendu emmène dans le coeur de deux hommes échappés du Sideways d'Alexander Payne : l'un, idéaliste, refuse les contingences de l'âge adulte ; le second, s'est fondu dans une masse uniforme et mène une vie tranquille avec sa femme et son chien. D'un bout à l'autre, les discussions tournent autour de choses anodines avant de faire émaner un malaise bizarre, un torrent de larmes incontrôlable, un sentiment de nostalgie de vieux con qui fait réaliser à quel point le temps détruit. Un sens de la suspension guidant ces deux personnages en un cheminement musical et gracieux qui ne se départit jamais de sa puissance d'évocation réaliste. Une scène de bain chaud dans une baignoire taillée dans un tronc constitue un sommet de poésie relaxante où les deux personnages hument le parfum du désir et semblent avoir atteint un nirvana inaccessible. Dans ce moment de flottement, un souvenir lointain s'apprête à sortir. Il n'en sera rien.

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CINE : OLD JOYCINE : OLD JOY

Produit par Todd Haynes, Old Joy, second long métrage de Kelly ...
 
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francesco34 "mieux"    05 juin
Reznik Vain et laid, qui dit pire ?    05 juin
super dadid Merci pour cette critique    05 juin
 


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