

Avant d'obtenir le Prix du meilleur scénario lors des Hong Kong Film Critics Society Awards en 2000 pour Bullets Over Summer et d'être nommé pour le prix du meilleur réalisateur pour le très surprenant Juliet in love, Wilson Yip commence sa carrière dans un anonymat relatif. Et il faut bien avouer que ses premiers films en ce sens ne permettaient pas d'encenser un talent qui se révèlerait par l'accumulation des projets.
Entré dans le milieu du cinéma par la voie de la technique durant la décennie 1980 avant d'accéder au poste d'assistant réalisateur, notre cinéaste en herbe ne parvint à la réalisation qu'au tournant des années 1990 à une heure où le cinéma hongkongais allait rencontrer la période de tumultes la plus importante de son histoire.
Ouvrant sa filmographie avec un film à sketches 01 :00 AM en 1995, métrage dont il signa les deux tiers des segments, Yip s'essayait pour ses débuts à l'horreur et aux vicissitudes du genre. Se trouvaient dans cette première réalisation, Veronica Yip et Anita Yuen pour une narration assez surprenante dans son déroulement et plus encore dans son récit. Son film suivant, Daze Raper - sorti la même année - explorait pour sa part une autre forme de genre : le policier sur fond d'histoire vécue puisque s'y racontait les tenants d'un drame se déroulant dans le microcosme particulier des prisons locales. Sans toutefois atteindre avec ce métrage de catégorie III les hauteurs de Prison on fire, l'ensemble était suffisamment convainquant pour que l'industrie lui propose à nouveau de prendre en charge la réalisation.
Vient alors le tour de Mongkok Story, métrage à ne pas confondre avec le brillant film de Derek Yee, Une nuit à Mongkok. L'ensemble se veut néanmoins résolument commercial et s'inscrit plus dans une logique de productions grand public d'exploitation que dans celle plus intimiste et risquée de l'expérimental.

Nous sommes alors en 1996 et l'année qui va suivre, lui donnera l'opportunité de tourner deux autres métrages dans des registres là encore très divers. Une comédie Teaching sucks verra tout d'abord le jour. Film dans la droite ligne d'un humour hongkongais qui échappe à l'européen moyen et se destinant au marché local uniquement, ce métrage installe Wilson Yip dans le secteur, ce que renforcera ensuite Midnight Zone, un autre film d'horreur prenant pour sujet l'urbanité comme support de la peur. Vient alors Bio Zombie, le premier point d'orgue d'une carrière qui pour l'heure reste assez marquée par une évidence : celle de créer du produit de masse et d'être profitable à tout prix.
Influencé nettement par George A. Romero, l'ensemble fonctionnera à plein et marquera en 1998 la première véritable réussite commerciale de notre cinéaste. A noter d'ailleurs qu'à cette occasion, ce dernier se charge de réaliser mais aussi d'écrire le scénario qu'il mettra en image. Néanmoins pour l'heure, les films qui rythment sa carrière restent plus que discrets et sans lui faire injure, on sent davantage la patte d'un faiseur habile et d'un metteur en scène rompu aux exigences de l'industrie que celle d'un cinéaste qui saurait s'imposer au travers de projets qu'on lui impose.
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