
CINE : CAPITAINE ALATRISTE
Tout sur CAPITAINE ALATRISTE - La Critique - Photos - Le 2008-06-10 03:45:35CAPITAINE ALATRISTE
Un film d'Agustin Diaz Yanes
Avec Viggo Mortensen, Eduardo Noriega, Javier Camara, Elena Anaya
Durée : 2h20
Date de sortie : 25 juin 2008

Peu connu par chez nous, le capitaine Diego Alatriste est pourtant l'équivalent ibérique du chevalier d'Artagnan inventé par Alexandre Dumas. S'ils ne partagent pas la même noblesse d'esprit ni même le style de bretteur, les deux héros n'en vivent pas moins à la même époque, traversant des événements historiques comme la guerre de Trente Ans, ou celle des Flandres (contre la Hollande, donc). Contrairement au mousquetaire français, l'espagnol Alatriste est en outre un héros moderne, inventé en 1996 par Arturo Pérez-Reverte, qui, en six romans, a voulu se servir de cette figure mi-héroïque, mi-défroquée, pour reproduire un pan d'histoire nationale, correspondant à l'âge d'or de l'empire espagnol.
Il aura fallu presque cinq ans à Agustin Diaz Yanes pour écrire et monter ce projet colossal pour l'Espagne : compilant les principaux épisodes de la saga, son adaptation a le mérite de voir grand, narrativement et esthétiquement. Sous le règne de Philippe IV, nous suivons donc le capitaine (un surnom plus qu'un grade, nous l'apprendrons vite) Diego Alatriste, soldat et mercenaire au service du roi Philippe IV. Courageux, farouche combattant, Alatriste multiplie les campagnes guerrières à travers l'Europe, contre les Hollandais ou les Français. Il accepte de combattre, de tuer, de piller des galions lorsque l'ordre lui en est donné, croisant des ennemis redoutables, comme l'Italien Malatesta. Mais deux soucis tourmentent notre héros : son fils adoptif, Inigo, qui peu à peu devient exactement comme son père ; et son grand amour, la comédienne Maria de Castro, beauté fanée qui attire bientôt la concupiscence du roi.

Pas de doute, nous sommes tout au long de ce film plongé en pleine ambiance romanesque, avec ses guet-apens dans de sombres réelles, ses abordages nocturnes sur des navires chargés d'or, ses personnages sombres (tels l'Inquisiteur ou le comte Olivares), ses amours contrariées et ses batailles épiques. Pour le néophyte en Histoire, le cours en accéléré peut parfois laisser sur le carreau. Capitaine Alatriste fait entrer à chaque séquence de nouveaux personnages que l'on identifie pas toujours immédiatement. La galerie de noms s'agrandit sans cesse, si bien que l'on se raccroche souvent à Alatriste comme à une bouée de sauvetage, pour ne pas oublier d'où vient et où va l'histoire. Abondance souvent nuit, le film n'échappe pas à la règle. Méthodiquement, Yanes empile les intrigues de chaque roman, les résumant à l'écran par une intrigue totalement déconnectée de la précédente. Un procédé plutôt frustrant qui laisse penser qu'une série de films aurait donné un résultat plus fidèle et réjouissant que cet amalgame de la saga aussi chargé qu'une meringue.








































