
THE YOUNG INDIANA JONES CHRONICLES SCORAMA VOL.13
Tout sur LES AVENTURES DU JEUNE INDIANA JONES - Le 2008-09-24 15:48:40Mais Lucas, grand instigateur du projet, se refuse alors à faire un simple copier-coller de ce qui a valu à la trilogie cinématographique sa popularité : ambitieux, il veut dépasser le cadre du simple divertissement, et offrir au spectateur un véritable programme éducatif. Ainsi, il évacue d'emblée certains éléments pourtant essentiels de la franchise Indiana Jones : le surnaturel, l'action non-stop et... Harrison Ford. Il leur préfère l'Histoire avec un grand H, raconté au travers de rencontres que fait le jeune Indy avec de nombreuses figures historiques, souvent interprétées par des acteurs connus. En résulte une série hybride, parfois mal rythmée, mais luxueuse, et qui reste toujours passionnante.

Handicapée par une approche radicalement différente de la saga cinématographique, The Young Indiana Jones Chronicles, si elle ne trouve pas son public, possède cependant un point commun important avec les films de Spielberg : la qualité exceptionnelle de sa musique. Ici aussi, pourtant, Lucas a préféré s'éloigner des thèmes mythiques de la saga, en ne confiant pas l'illustration musicale de la série télévisée au légendaire John Williams. Il se tourne alors vers deux compositeurs moins renommés, Laurence Rosenthal (deux fois nominé aux Oscars, et célèbre pour son Choc des Titans), et Joel McNeely (habitué des productions Disney et futur successeur de John Williams sur Star Wars : Shadows of The Empire).
À eux deux, ils mettent en musique une majorité de la trentaine d'épisodes finalement produits, passant avec maestria d'époque en époque, de pays en pays, sans jamais tomber dans la redite ou l'ennuyeux, aidés en cela par l'interprétation exemplaire du Munich Symphony Orchestra. Pour preuve, l'étonnant éventail musical présenté par les quatre cds publiés chez Varese Sarabande de 1992 à 1994, regroupant une sélection importante de morceaux (plus de cinq heures de musique) classés par épisodes, et alternant (de manière pas toujours équilibrée) les compositions de Rosenthal et McNeely.
D'office, on s'aperçoit, à l'écoute de ces disques, de l'approche radicalement différente des deux compositeurs : là où Rosenthal, le vétéran, propose généralement un travail tout en ambiances, en mélodies romantiques, et en citations fréquentes du thème principal qu'il a composé, McNeely s'inscrit quand à lui dans la droite lignée de John Williams. Préférant développer ses propres thématiques, et ignorer le générique de Rosenthal, le jeune compositeur donne libre cours à sa fantaisie et son inventivité : il compose ainsi des morceaux épiques et grandioses (dont le point culminant est sans aucun doute le Phantom Train of Doom, du quatrième volume), mais n'oublie pas non plus de se montrer tour à tour romantique, léger, dramatique ou sombre, lorsque le récit l'impose.

Le contraste flagrant entre les partitions fougueuses de McNeely et celles, plus mesurées et discrètes, de son aîné, font une grande partie du charme de ces quatres cds. Car si l'on ne peut s'empêcher de sourire lorsque le thème de la série pointe le bout de son nez au beau milieu d'un morceau de Rosenthal, force est de constater que le travail de McNeely, en tous points mémorable, s'impose clairement comme l'intérêt principal de ces bandes originales. Un compositeur à l'indéniable talent, malheureusement sous-exploité depuis la fin des années 90, et qui offre à Young Indiana Jones Chronicles une musique digne des meilleurs moments de la trilogie cinématographique.
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