
INTERVIEW : NICOLAS + BRUNO = LA PERSONNE AUX DEUX PERSONNES
Tout sur LA PERSONNE AUX DEUX PERSONNES - La Critique - Photos - Le 2008-06-18 07:57:21
Première question: avez-vous bien vécu les années 80 ?
On s'est rencontrés à cette époque-là. En 1985, on était tous les deux en Seconde. Clara et les chics types, Pour 100 briques t'as plus rien étaient des films que nous regardions en boucle. On partageait déjà les mêmes affinités. En 1986, on a découvert la première saison de Objectif Nul qui nous a pas mal décomplexés. A partir de ce moment, on s'est dit qu'on pouvait s'autoriser à faire des conneries par plaisir. Alors, on prenait des caméras chez Locatel et on faisait des clips, des caméras cachées, des fausses publicités. On a passé nos études et nos week-ends à ne faire que ça. Un jour, un ami nous a dit que ça pouvait être rémunéré...
A partir de quel moment avez-vous envisagé de réaliser un long métrage ?
Depuis longtemps. Mais dans les supports sur lesquels nous avons travaillés, nous n'établissons aucune hiérarchie. On s'éclate autant à faire des sites Internet sur l'univers impitoyaaable de la COGIP, le Myspace de Gilles Gabriel, un long métrage, une série à travers des sketchs. Notre ambition est simple; c'est de raconter des histoires, de développer des personnages et de faire marrer le maximum de spectateurs. A chaque fois, on n'a pas envie de surfer sur une vague. On agit en fonction de nos envies. Dans La personne aux deux personnes, il fallait faire vivre le personnage avant le film. On tient ça peut-être du cinéma Indien qu'on adore. Parodier le cinéma Bollywoodien, c'est d'ailleurs notre prochain projet. On compte mélanger des acteurs locaux avec des acteurs français. Les indiens créent des bandes-son connues dans l'Inde entière avant même que le film ne sorte sur les écrans. Les spectateurs connaissent les musiques avant d'entrer dans la salle; ce qui leur permet de chanter. Ils sont très expressifs au cinéma; et on adore ça. Comme Gilles Gabriel décède corporellement au bout de cinq minutes, on voulait que ce personnage très looké années 80 rentre dans l'inconscient collectif. Histoire que l'on voit bien à qui on a affaire. Est-ce que tu as vu Le Grand Journal pendant le Festival de Cannes ? C'était énorme. Il y a des extraits de cette émission disponibles sur la page Myspace. Chabat était en blanc, avec une perruque. Il y avait des banderoles partout, le public hystérique gueulait « Gilles, Gilles, Gilles ». Personne ne parlait d'Alain qui chantait Flou de toi en Gilles Gabriel. Depuis le début de l'aventure, les gens sont complètement rentrés dans le jeu avec une inventivité inouie. Quand je vois tous les messages qu'on nous laisse sur la page "Facebook" de Gilles Gabriel, c'est juste hallucinant. Ce qui est marrant, c'est lorsque tu te glisses dans la peau d'un personnage et que tu le fais parler au premier degré. De la même façon, on a mis le revival des années 80 dans la bouche de Gilles Gabriel. "Il y a un vrai retour". C'est d'ailleurs la première réplique du film.

Est-ce qu'il y a du Cindy Sander en Gilles Gabriel (ou du Gilles Gabriel en Cindy Sander)?
On ne sait pas. L'histoire nous gêne même un peu. Honnêtement, on ne connaît pas bien cette fille. De loin, on a l'impression d'une moquerie. A travers elle, il s'exprime une vraie cruauté et on n'est pas dans ce registre-là avec La personne aux deux personnes. On a beaucoup de tendresse pour Gilles Gabriel comme on en a pour Ranu. Notre humour est d'abord assez respectueux. On joue avec les défauts de nos personnages. Sinon ce ne serait pas drôle. Mais toujours au service de la comédie. Ce ne sont pas de vrais gens que l'on exploite; nous sommes dans une fiction.
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CINE : LA PERSONNE AUX DEUX PERSONNESIncontestablement, les réalisateurs Nicolas et Bruno (pas de patronymes) aiment ... | ||







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