Dans quelques jours sortira l'intouchable chef d'oeuvre
Wanted, film improbable dont la simple existence n'est basée que sur l'unique concept de franchir les bornes et les limites que tant de réalisateurs avaient taché avec soin et réflexion de construire, et ce en gardant toujours à l'esprit de ne jamais prendre le public pour un regroupement d'attardés dont la culture cinéphilique serait encore parfaitement vierge et qui ne paierait sa place que pour s'en prendre plein les mirettes... Et alors que l'outrageux film de
Timur Bekmambetov s'apprête, quoi qu'il arrive, à être apprécié par la totalité des spectateurs, le droit légitime que possèdent encore certains de s'opposer au fait d'être encore une fois pris pour des vaches à lait se trouvant annihilé par une caricature rapide et réductrice de public trop exigeant voire trop sérieux et de ce fait parfaitement inapte à comprendre les débordements nauséeux mais tellement « fun » du réalisateur de
Nightwatch, il est pourtant indispensable de rappeler que le cinéma d'action à proprement parler US dans lequel
Wanted tente de s'inscrire, toute adaptation de comics soit elle, ne se résume pas uniquement à « des guns, des douilles, des meufs à poils et des fucks » à tout bout de film ! Car -faut il le rappeler ?- si une oeuvre telle que
Wanted est possible aujourd'hui, c'est aussi -et surtout- parce que beaucoup ont réfléchi à ce qui pouvait être un divertissement burné mais intelligent, combien même la présence de ces mêmes clichés que sont les armes et autres ustensiles du cahier des charges de l'action movie sont indispensables sans pour autant être les leitmotivs des productions que nous chérissons tous généralement. Retour aussi rapide qu'une bastos incurvée sur un genre qui connut quelques centaines de visages mais qui fut servi par quelques noms qui lui offrirent ses lettres de noblesse.

WANTED : CHOISIS TON DESTIN de timur bekmambetov
Sans pour autant faire un cours d'Histoire, rappelons que le véritable film d'action américain tel que nous le connaissons est un genre relativement jeune puisqu'il est né au cours de ces glorieuses 80's, période pendant laquelle les expérimentations du passées purent servir à des divertissements plus populaires et plus calibrés. Et même si les figures majeures de ce type de films restent les indétrônables Schwarzenegger, Stallone et autre Willis, auxquels viennent s'ajouter tous les Van-Damme, Seagal, Norris et autres The Rock et Diesel qui ne font que prendre le relais, quelques réalisateurs de renom ont su créer les codes qui équilibraient parfaitement cet art de l'héroïsme exacerbé et de ce détournement discret du réalisme. Place à ceux qui réussirent à bâtir ces édifices à la gloire du spectaculaire et de la démesure dans laquelle l'excès de testostérone n'a jamais fait trop de mal et surtout dans laquelle l'outrance avait toujours été gérée avec cohérence et intelligence, chaque déboire narratif dans l'exagération n'étant qu'un apport pour démontrer l'habilité déployée pour nous faire croire n'importe quoi. Aussi pour commencer peut-être devrions nous évoquer le fait que même si par la suite le film d'action pur et dur obtint une sorte de statut officiel, sa réelle existence est pourtant assez bâtarde puisque très peu d'oeuvres ne peuvent se vanter de n'exister que pour un exercice dont le but serait d'étaler une sorte de surenchère dans l'excessif, composant ainsi cette idée d'action absolue. Généralement les films d'action sont rattachés à d'autres genres dont les intrigues sont propices à l'intervention musclée, l'étude des précurseurs ayant indiqué que l'action pour l'action n'offrait généralement que peu d'intérêt puisque ne possédant aucun ressort dramatique, comme si l'image ne voulait rien dire si le sens morale et générateur de la chorégraphie violente qui s'en suit était absent. Faire démesuré dans le seul but de faire démesuré... démarche troublante tant la gratuité retire finalement toute lancée passionnée et insistant d'autant plus sur la stérilité du fond au profit d'une forme certes exceptionnellement jouissive mais surtout radicalement absurde.

die hard 3
Et il semblerait même assez évident du coup d'insister sur le fait que si des personnes comme les interprètes de John Matrix, de McClane et autre Marion Cobretti sont toujours en tête d'affiches, c'est justement parce que leurs films, à l'intérêt parfois assez discutables il est vrai, n'étaient pas uniquement l'apologie de la démonstration technique, là où tous les autres Lundgren ou Seagal se sont souvent laissés piéger par des scripts montés sur l'idée de « film d'action avec fond » et non pas de « film possédant un fond ménageant l'action ». Aussi, comme dit précédemment, peu de films d'action n'existent que pour la seule gloire de l'aboutissement physique et brutal, pour la sanctification de l'incroyable, mais l'essentiel des films dit d'action appartiennent généralement à d'autres genres tels que le policier, le thriller, l'espionnage voire la science fiction et le fantastique.