
TROUPE D'ELITE
Un film de José Padilha
Avec Wagner Moura, Caio Junquera, André Ramiro, Milhem Cortaz
Durée : 1h55
Date de sortie : 03 septembre 2008

TROUPE D'ELITE de josé padilha
Fin des années 90, Rio de Janeiro. Le capitaine Nascimento, commandant le BOPE (Bataillon des opérations spéciales de police), doit préparer sa succession, alors que la violence des trafiquants de drogue gangrène les favelas, et que la corruption paralyse jusqu'en haut lieu les forces de police. La sélection est ardue au sein du BOPE, qui ne regroupe que les élites incorruptibles du service, et deux hommes ont la préférence de Nascimento : Matias, qui hésite entre terminer ses études et poursuivre sa carrière de policier ; et Neto, une fine gâchette un peu inconsciente. Les actions de ces deux recrues vont déclencher une série d'événements meurtriers en plein coeur de la ville...
S'il affiche une parenté certaine avec le chef d'oeuvre de Fernando Meirelles (les deux long-métrages partagent un même scénariste et le même monteur, Daniel Rezende), Troupe d'élite s'en éloigne pourtant par bien des aspects. Très documenté, le scénario est l'oeuvre d'un ancien capitaine du BOPE, qui a couché sur papier ses frustrations, sa colère et sa description sans oeillères d'un environnement où la pitié et les scrupules sont absents. Très intelligemment, José Padilha a suivi à la lettre le script de ce vétéran tout en laissant les acteurs improviser la plupart de leurs textes. Caméra à l'épaule le plus souvent, en totale immersion, Troupe d'élite ne ménage à aucun moment le spectateur, ne fait jamais douter de la réelle perversité de ce milieu policier, où des hommes sont payés une misère pour risquer leur vie, et s'affrontent même entre eux.

TROUPE D'ELITE de josé padilha
La corruption ordinaire est ainsi une tradition chez les policiers « normaux », qui se refusent à aller prendre des balles en patrouillant dans les quartiers pauvres de Rio. A la botte des hommes politiques, certains hauts gradés n'hésiteront pas durant l'histoire à piéger des subalternes trop bavards, ou ayant joué avec le feu en détournant l'argent des pots-de-vin. Le thème, le réalisme, l'intensité de ces intrigues font souvent penser au cinéma de Sidney Lumet, et plus particulièrement à des films comme Le prince de New-York ou Contre-enquête.
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