
THE SUBSTITUTE
Remarqué avec un excellent film d'horreur (Le veilleur de nuit) et son remake fadasse - le même cas que le Funny Games de Michael Haneke dix ans avant -, le réalisateur Danois Ole Bordenale ne donnait plus de signe de vie depuis longtemps. Normal que l'on découvre son nouveau long métrage, The Substitute, qui rend hommage aux bonnes vieilles comédies fantastiques des années 80, avec quelques a priori. Et a priori justement, pas de quoi se relever la nuit.

vikaren
Une prof remplaçante (Paprika Steen, déjà vue dans des tonnes de films Dogme) vient s'occuper d'une classe industrieuse dans le but de les entraîner pour participer à un concours situé à Paris. Oui mais voilà : elle est cruelle, balance des vérités cruelles aux rejetons, simule le pathétisme lorsqu'elle se rend compte que personne ne considère ses initiatives, bouleverse les parents d'élèves scrogneugneu qui devraient arrêter de croire les sornettes de leurs chéris d'amour. Pendant quelques minutes, on se surprend plus à rire qu'à avoir peur. Est-ce normal ? Oui, vu que le but de Bordenale n'est pas de faire peur comme à la bonne époque du Veilleur de nuit qui, par intermittences, filait sacrément les jetons, mais de dérider les zygomatiques en martyrisant les têtes blondes complexées par leurs défauts ou traumatisées par un passé trop lourd à porter (le jeune héros a vu sa maman se faire broyer par un camion). Très vite, on démasque le pot aux roses : l'humour con et méchant se révèle être le seul moyen pour le cinéaste de masquer la vacuité de l'intrigue trop ambitieuse. Faute de moyens, il se rabat sur la performance de Paprika Steen, géniale en prof tortionnaire.

vikaren
Le film qui détourne le cliché du prof terrible et joue sur l'ambiguïté d'un personnage féminin qui dissimule ses émotions et ses desseins diaboliques (comme naguère John Waters jouait sur la folie meurtrière d'une mère de famille insoupçonnable dans Serial Mother) ne peut pas se reposer sur le show d'un personnage qui, aussi désopilant soit-il, reste très outrancier. Bref, ça amuse cinq minutes. Ce qui est regrettable, c'est que la menace extraterrestre ne se résume qu'à un seul personnage avec... une boule magique ! Un peu léger pour donner une impression de menace ou conférer un sentiment de paranoïa. Comme s'il fonctionnait de Charybde en Scylla, le film descend de plusieurs crans pour rejoindre la catégorie des nanars sympathiques (parfois exorbitants) pour ados désoeuvrés le samedi soir. La mise en scène faiblarde (vive les champs contre-champ dignes d'une sitcom !) et sa photo cracra ne sauvent rien, bien au contraire. Le recours à l'ironie assumée (l'extraterrestre qui réclame de l'amour) évite au film de se prendre très au sérieux et nous, de se prendre la tête entre les mains.





































