
Pour ceux qui ont déjà vu le film au cinéma,
Le royaume évoquerait immédiatement les thèmes de l'attentat, des blessés, des rapports tendus entre l'Occident et l'Orient mais également la scène impressionnante du kidnapping qui se termine par la mise à mort des terroristes. Ce serait oublier qu'il s'agit tout d'abord un film de portraits, aussi bien formellement que thématiquement. En effet tant du point de vue du cadre, les nombreux gros plans en attestent, que du propos même de l'histoire, faire des portraits psychologiques d'hommes, de femmes et d'enfants issus de deux cultures différentes, le film se présente avant tout comme une galerie qui tente de cerner les individus. Aussi, quand bien même le film exploite la technique de la caméra épaule pour encore mieux inscrire le spectateur au milieu des évènements, le piqué de l'image est ici au service d'une description de la complexité de la psychologie humaine. Eclairage, sens du détail, grain de peau, participent de près comme de loin à cette thématique du portrait qui consiste à regarder de près pour essayer de cerner un problème d'une ampleur mondiale, celui du terrorisme. Ce n'est pas un hasard si le cinéaste privilégie donc l'échelle du gros plan lorsqu'il filme les victimes d'attentats et les agents du FBI, échelle de plan qui favorise bien entendu le rapport de proximité entre les sujets filmés et les spectateurs, et l'échelle du plan filmé au téléobjectif lorsqu'il s'agit des terroristes regardant leurs terribles opérations.

le royaume image

le royaume image

le royaume image
Le portrait donc, nécessaire à la mise en place de n'importe quelle narration nous en convenons, tient cependant une place centrale ici. D'habitude concentrés dans les scènes d'exposition pour permettre ensuite aux évènements de prendre place, ces plans sont au contraire décimés tout au long du film, comme si chaque personnage devait à nouveau se représenter sous un jour nouveau. Que ce soit le personnage principal, l'agent Fleury (
Jamie Foxx), l'agent Mayes (
Jennifer Garner), le colonel Al Ghazi (Ashraf Barhom), le prince Bin Khaled (Omar Berdouni), le terroriste Abu Hamza (Hezi Saddik) ou quelques figurants de passage, le cinéaste tient à les cadrer au plus près, tant dans leurs actes professionnels que dans leur quotidien privé.

le royaume image

le royaume image

le royaume image

le royaume image

le royaume image

le royaume image

le royaume image

le royaume image

le royaume image

le royaume image

le royaume image
> Lire la suite de l'article

[p1] [p2] [p3]