
CINE : CHERRY BLOSSOMS UN REVE JAPONAIS
Tout sur CHERRY BLOSSOMS UN REVE JAPONAIS - La Critique - Le 2008-07-10 10:13:35CHERRY BLOSSOMS - UN REVE JAPONAIS
Un film de Doris Dörrie
Avec Elmar Wepper, Hannelore Elsner
Durée : 2h02
Date de sortie : 10 septembre 2008

cherry blossoms
Le cinéma allemand depuis quelques années nous réserve des surprises aussi inattendues que particulières. Cherry Blossoms ne déroge pas à la règle et installe le deuil et l'entretien du souvenir en élément central des douloureux lendemains. En suivant la destinée d'un homme, Rudi, à la vie trop organisée par sa femme qui le tient à l'écart de tout, le dernier métrage de Doris Dörrie nous offre de goûter dans sa première partie à la chronique d'une famille des plus communes. Famille qui va se déliter et se dévoiler à mesure que les traumas du passé ressurgiront, famille qui se ressoudera par la force de l'ébranlement causé par le deuil. A des années lumière de Festen et d'autres films où famille rime avec catastrophe, le film évolue alors pour révéler plus que pour séparer les êtres et les corps. Ainsi, habité par une monstration volontairement relâchée et peu encline à des cadres fixes et léchés, Cherry Blossoms suit son cours jusqu'à surprendre. Et pour mieux nous attraper.
Tout d'abord, ce qui dans un premier temps semblait se profiler ne se réalise pas et touche Rudi, l'autre membre de ce couple parfait en apparence. Ainsi, explose la cellule protectrice et le survivant de devoir faire face à tout ce qu'il a laissé se déconstruire et ne pas se tisser durant des années. Dès lors, dans l'obligation de se rapprocher, le père devenu veuf va vouloir perpétuer la mémoire de sa défunte et trop précieuse moitié. Au point de décider de partir vers Tôkyô pour retrouver son fils prodigue, parti s'exiler pour échapper à la tyrannie des apparences, des attachements et - paradoxe des paradoxes - des distances qu'ils creusent.

cherry blossoms
Commence alors à tous points de vue, un autre film qu'habite en nombre de situations le souvenir du grand Yasujirô Ozu et du sublime Voyage à Tôkyô que ce soit dans son sujet ou dans le filmage des fameux plans vides et autres figures incontournables de ses films (fils électriques, trains en mouvements, arbres au vents, mers et cours d'eau, intérieurs désertés, raccords dans l'axe sur les façades...). Investi du regard d'un autre et de l'admiration nourrie pour lui, la réalisatrice nous narre alors la découverte d'un ailleurs, celui de l'incompréhension mais aussi celui de la pleine révélation du réel. Dans toute sa dureté, dans toute sa frontalité.
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