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CINE : DERNIER MAQUIS

CINE : DERNIER MAQUIS

Tout sur DERNIER MAQUIS - La Critique - Photos - Le 2008-07-10 11:42:54


Questionnant l'islam, sa diffusion et son rapport avec les ressources humaines en plein coeur d'une entreprise employant des travailleurs immigrés parmi les plus précaires, Dernier Maquis dessine à l'écran le sort réservé à ceux qui s'éreintent pour un salaire de misère et que leur patron, Mao le bien nommé, ne cesse d'exploiter. Mais plus encore que cela, le dernier film de Rabah Ameur-Zaïmeche, après Bled Number One et Wesh Wesh, interroge l'obscur monde de l'entreprise et le côté impitoyable des relations qui s'y nouent pour dresser en définitive un vibrionnant portrait de la société française contemporaine. Le tout donnant un film aussi important qu'essentiel à voir !

DERNIER MAQUIS
Un film de Rabah Ameur-Zaïmeche
Avec Salim Ameur-Zaïmeche, Abel Jafri, Sylvain Roume, Larbi Zekkour, Christian Milia-Darmezin
Durée : 1h33
Date de sortie : 22 octobre 2008



dernier maquis  - photo 1 - cliquez pour la HD
dernier maquis

Présentant la pression tranquille du milieu social et la relative sérénité d'âme qui mènent à la conversion, Dernier Maquis nous fait tout d'abord suivre Titi, un jeune manoeuvre, de la prière jusqu'à sa propre circoncision, signe ultime de l'appartenance à l'Oumma, la communauté des musulmans. Puis suivant celui qui l'a guidé et élargissant son point de vue à tous les membres de la société de palettes à laquelle il appartient, Rabah Ameur-Zaïmeche dresse alors un constat aussi peu amène que hautement politique des rapports de force au sein de l'entreprise en montrant comment l'emploi de la religion peut être un facteur d'obtention de son salut mais aussi l'une des meilleures méthodes pour obtenir la paix sociale. Ainsi, le cinéaste construit-il son propos en développant le rôle de Mao, patron de petite PME, qui offre à ses ouvriers, mécaniciens et manoeuvres un lieu de prière. Mais si la situation en elle-même est appréciable au regard du manque cruel de lieux de culte pour l'islam en France, les intentions de ce dernier sont toutes autres et c'est en cela qu'il va choisir lui-même - contrairement à l'usage - l'imam qui y prêchera, imam qui de surcroît est acquis à sa cause. En effet, personnalité fidèle s'il en est, ce dernier est tout d'abord chargé de convertir ceux qui ne sont pas musulmans quand il n'est pas incité ouvertement à rappeler sans cesse aux autres employés qu'il faut être assidu et plein d'ardeur au travail pour respecter au mieux la volonté d'Allah.



dernier maquis  - photo 2 - cliquez pour la HD
dernier maquis

Hélas, cette volonté d'instrumentaliser la religion va entraîner une scission profonde parmi les ouvriers et provoquer de leur part une réaction radicale. Ainsi, la politique de Mao - remarquablement joué par le réalisateur lui-même - se heurtera à la sédition de certains de ses salariés et notamment du plus récent des convertis, Titi. Ce dernier étant alors choisi par ses compères pour devenir comme un symbole, l'imam de l'autre mosquée, celle qui est libre, dissidente mais essentiellement tournée vers Dieu. Vient alors le troisième temps du film qui résulte de cette montée des tensions et des antagonismes, celui de l'affrontement politique puis physique qui naîtra de la colère, mènera à une grève sauvage et à l'occupation violente des lieux. Induite par la brutale décision de fermer l'atelier de mécanique qui jouxte le garage et l'entrepôt de stockage des palettes - cela sans préavis ni doigté -, Mao va précipiter sa chute, avivant l'opposition des uns et mettant fin de facto à ses tentatives de manipulation et de division.

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