
INTERVIEW LOUIS LETERRIER - PARTIE 2
Tout sur L'INCROYABLE HULK - La Critique - Photos - Le 2008-07-21 11:01:15
Quel est votre parcours avant Le Transporteur?
A l'époque, j'ai 26 ans. Je suis assistant de Luc Besson et à aucun moment, je ne pense devenir metteur en scène. J'ai fait des études de cinéma où l'on met de jeunes mecs dans un amphithéâtre et on leur demande : qui veut devenir critique de cinéma? Personne ne lève la main. Qui veut devenir ingénieur de son? Deux personnes lèvent la main. Qui veut devenir chef-opérateur? Trois personnes. Et qui veut devenir réalisateur? Tout le monde lève la main. A cette époque, je suis entouré de fils de cinéastes comme John McTiernan. Je me fais une raison : jamais je ne deviendrai réalisateur. J'apprends tout comme un bon soldat (le montage, la photographie), j'apprends à manier la steady-cam... Finalement, je deviens assistant. Et je suis un mauvais assistant parce que trop gentil. Je fais Jeanne d'arc en tant que stagiaire, j'apporte le thé à Luc Besson. Ensuite, on se revoit sur Astérix et Obélix contre César.

En début d'entretien, vous confessiez ne pas être fan de cinéma d'action et pourtant on vous assimile au genre. Dans quelle mesure vous vous êtes retrouvés sur Le Transporteur?
Luc était très sympa avec moi. Il me disait que je ne serai jamais premier assistant. Par contre, il avait un projet marrant en tête et il voulait me mettre le pied à l'étrier. Son projet, c'était Le Transporteur qui à l'origine devait être réalisé par Corey Yuen. Corey venait de réaliser deux films, un en Chine et un aux Etats-Unis et il fallait que je l'aide dans son travail. Dans l'idée, je devais faire le réalisateur sans être le réalisateur. Huit semaines avant le tournage, il était censé arriver, pas de nouvelles. Septième semaine, il n'est toujours pas là. Sixième semaine... Quatrième semaine, ça commence à devenir compliqué. Finalement, il arrive une semaine et demi avant le début du tournage. Il était complètement crevé. La veille de commencer, il me demande de monter dans sa chambre et il m'avoue qu'il ne peut pas commencer le film, qu'il n'y arrivera pas parce qu'il ne connaît pas l'équipe et voulait que je démarre le film sans lui. De son côté, il allait penser aux combats. J'ai commencé le premier jour tout seul, on a fait beaucoup de plans et ça s'est super bien passé. Jason Statham était réticent au début parce qu'on lui avait vendu le film sous le nom de Corey Yuen et qu'il ne savait pas d'où je sortais. En fin de journée, tout le monde était content. Le lendemain, Corey qui s'endormait un peu sur sa chaise m'a dit qu'il était satisfait du travail et m'a demandé de continuer comme ça. Pendant ce temps, il proposait de partir faire des repérages pour les scènes d'action. Finalement, à ce rythme-là, il n'a jamais repris la barre. Le producteur qui était sur le plateau ne l'a même pas dit à Luc. Corey s'occupait des scènes d'action; moi du reste. Le Transporteur a très bien marché dans le monde entier, surtout sur le marché de la vidéo. C'est devenu un souffle nouveau dans le cinéma d'action. J'avais très peur que l'on m'associe à un Steven Seagal derrière une caméra alors que je ne suis pas un toqué de films d'action. Ma prédilection, c'est vraiment la science-fiction. Aux Etats-Unis, ça a été un tel succès que j'ai reçu des tonnes de scénarios qui étaient des avatars de Transporteur.


















































