
PARK CHAN-WOOK : COUP DE COEUR DE L.LETERRIER
Tout sur OLD BOY - La Critique - Photos - Le 2008-07-22 10:03:59Louis Leterrier, à propos d'Old Boy.

OLD BOY de park chan-wook
Aujourd'hui, Park Chan-Wook est devenu une valeur sûre. Ce n'était pas le cas à ses débuts, prometteurs mais douloureux. Toqué de cinéma depuis son plus jeune âge (son premier grand choc fut Vertigo, d'Alfred Hitchcock), il a commencé à s'y intéresser de plus près, en montant lors de ses études universitaires - il a obtenu un diplôme de philosophie -, le "club Movie Gang". Sa cinéphilie est visible dans chacun de ses longs métrages voire même dans des détails plus discrets comme la simple bande-son d'Oldboy dont chaque titre est intitulé en référence à un film (dont certains sont signés par Roman Polanski, son maître vénéré, qui lui a souhaité good luck au festival de Cannes quelques heures avant le palmarès). A la fin des années 80, il effectue les taches les plus diverses: stage dans une société importatrice de films étrangers, traduction, transport de matériel promotionnel dans les cinémas et les théâtres.

L'effort fut payant. En 1992, il réalise avec trois bouts de ficelles et des idées folles The Moon is the sun's dream, son premier long métrage que Park Chan-Wook définit comme un "drame urbain". La fureur qu'il contient - et qui est celle du cinéaste (il a toujours aimé traiter de la violence comme exécutoire à sa propre rage du monde) - plaide pour une énergie presque épuisante. Sommairement, le film relate l'histoire assez triste d'un photographe - qui assure la voix-off et narre la tragédie de son point de vue - dont le demi-frère gangster vole l'argent de son patron avant de s'enfuir avec la petite amie de ce dernier. On n'en est pas encore au Park Chan-Wook bourrin qui balance des coups de marteaux dans la tronche mais quelque part entre la puissance émotionnelle de Joint Security Area et les hasardements ambitieux façon puzzle bigleux de Sympathy for Mister Vengeance. C'est - surtout - un mélodrame qui adopte la bonne définition de Hawks pour décrire l'essence mélodramatique: rendre l'invraisemblable vraisemblable.

Ce sera le mot d'ordre du cinéaste jusqu'à Lady Vengeance qui lui aussi fonctionne sur la durée, sur les détails assemblés formant la même élégie mortifère. Il faut avoir vu le dernier plan du film, bouleversant: une mise en abyme où un personnage devient le spectateur de sa propre vie ou plutôt de la vie qu'il n'a pas eu la chance de vivre. Il y a déjà malgré l'absence de moyens et une bande-son has been des élans de folie (chaque jour à une heure précise, une femme doit penser à l'homme qu'elle aime), des déclarations d'amour enflammées et des hommes qui se consument de désir. Bref, tous ces petits riens qui font le grand tout des écheveaux passionnels made in Ettore Scola première période.
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