Suite de notre rétrospective consacrée au "Slasher", fabuleux genre où se croisent chefs d'oeuvres et nanars dans une totale indifférence. Cette seconde partie va donc se concentrer sur ces années de disettes et de marginalisation du genre jusqu'à son incroyable et éphémère résurrection.
Suite aux attaques récurrentes des organisations familiales, des groupes bien pensants et des pétitions demandant l'interdiction de ces films dont la seule raison d'être était de proposer un divertissement sanglant, gratuit et purement jouissif, le genre lancé par les aventures macabres de Michael Myers et de Jason Voorhees va petit à petit disparaître et se montrer de plus en plus rare sur grand écran. En effet, les places ne se vendant plus aussi bien que lors de cette age d'or exceptionnel, durant lequel un film sortait chaque semaine au drive-in du coin, les producteurs décident de renoncer à la promotion d'oeuvres telles que celles-ci, réputées pour être de qualité de plus en plus médiocre. Et ce n'est pas la sortie en 1986 de
April Fool's Day qui redorera le blason du genre puisque, au contraire, il le noiera un peu plus dans des gerbes de sang synthétique, bien entendu, puisque le twist du film consistera à réduire l'ensemble de l'action à une mauvaise farce d'un goût plus que douteux.

friday
La réputation se salissant toujours un peu plus à la sortie d'un nouveau rejeton, les slasher movies se font bientôt totalement absents des toiles. Même Cunningham avec sa prolifique série des
Vendredi 13 ayant senti le vent tourner aura, quelques années plus tôt déjà, tenté une reconversion puisqu'en produisant la quatrième partie nommée
Chapitre final en 1984, il confiera à Zito la tache de se débarrasser définitivement de son Boogeyman; le vice sera même poussé plus loin dès l'année d'après puisqu'il s'offrira les services d'un copycat dans
Une nouvelle terreur de
Danny Steinman, le tout jeune goonie
Corey Feldman étant confronté à un imposteur se prenant pour
Jason himself! Mais le public se déplaçant encore pour le monstre n'est pas dupe et réclame le retour du gros mongolo de Cristal Lake, ce qui sera chose faite et ce dès 1986 dans
Jason le Mort-Vivant, film qui porte très bien son titre. Car en adoptant officiellement cette dimension fantastique, la série s'élève à la popularité nouvelle du cinéma purement horrifique et déjanté dont le maître du box-office est le mythique Freddy Krueger de papa
Wes Craven. Celui-ci, très fier d'avoir à nouveau contribué au grand monde de l'horreur, une bonne décennie après
La Dernière maison sur la gauche et
La Colline a des yeux, continue de produire les aventures barrées de son croquemitaine d'Elm Street, dont il confie la réalisation à de futurs grands réalisateurs aux potentiels incroyables.