
Vincent Martini 6
20TH CENTURY BOYS
Un film de Yukihiko Tsutsumi
Avec Toshiaki Karasawa, Etsushi Toyokawa, Takako Tokiwa
Durée : 2h20
Date de sortie : 14 Janvier 2009

20 century boys
En 1969, Kenji et ses potes sont une bande de copains de 10 ans comme les autres. Ils rêvent de rock, de filles aux poitrines rebondies... Mais ils ont aussi une autre occupation. Ils aiment s'inventer un scénario catastrophe autour de la fin du monde en 2000 dont eux seuls connaîtraient l'existence.
Pendant cette douce jeunesse passée dans la base secrète d'un modeste terrain vague, Kenji cherche aussi à devenir une rock star tout en sauvant l'humanité.
La réalité est toute autre en 1997 où celui-ci dirige une insignifiante superette avec sa mère. Toujours célibataire, il s'occupe aussi de sa nièce, Kanna, laissée par sa soeur disparue sans raisons.
Mais son passé va le rattraper lorsque la police vient le questionner sur une mystérieuse organisation dont le symbole serait identique à celui inventé dans le "cahier des prédictions" de sa bande lorsqu'il était enfant.
Le terrible destin de la bande de copains est en marche...
20th Century Boys est la première adaptation sur grand écran d'une oeuvre de Naoki Urasawa. Forcément, nous en attendions beaucoup tant le mangaka est réputé exigeant dans ses scenarii et la justesse de ses protagonistes. Le résultat est plutôt intéressant à visionner mais n'évite pas certains écueils malheureux. L'un des principaux reproches est ainsi un cas d'école courant et inévitable ; comment aborder une oeuvre narrative riche de 22 tomes dans trois films de 2h20 (si on se fie à la durée de ce premier opus) ? La précédente adaptation d'un ouvrage de l'auteur, Monster, a trouvé une solution radicale, soit proposer 74 épisodes d'animation d'environ 22 minutes pour restituer toute la puissance d'une tentaculaire histoire sur le Mal et les hommes. Le choix est ici fait de proposer trois ambitieux films à la durée idoine, mais est-ce suffisant ? Dans la pratique, on attaquera volontiers un prologue prenant aux alentours de 1h30 au sein du métrage, et un montage des plus cut des différents évènements à l'écran. On a ainsi l'impression d'assister à quantité de micros-péripéties prenant le risque de noyer le spectateur inattentif ou trop pressé, c'est selon. Le mal était sans doute nécessaire pour restituer l'ambiance d'une vaste histoire écrite, mais il est aussi probable de perdre un spectateur en quête de frissons et de révélations.

20 century boys
Alors le plaisir, où est-il ? Il provient de l'étrange fascination que nous développons autour de l'halluciné destin de nos neuf guerriers de la survie humaine. Et pour le coup, rappelons d'emblée une chose, nous ne sommes en présence que du premier film d'une trilogie encore en cours de tournage. Cet élément s'avère important car l'oeuvre actuelle est ouvertement "incomplète" et relativement avare en réponses pour quiconque n'a pas lu le manga de Urasawa. Rassurons tout le monde, ce prologue se développe bien au-delà de l'enfance de la bande de gamins (un morceau central dans l'intrigue complète) et propose même de grands moments de bravoure nous rappelant que le Japon est bien le pays du Kaiju-Eiga (le film de monstres tendance Godzilla).
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